Dernière modification le 15-7-2026 à 14:49:54
« Pas d’étés à 50 °C ! » : deux grandes manifestations annoncées à Lausanne et Genève le 19 septembre
Une coalition de plus de 50 organisations (dont etatdurgence ch) appelle à manifester samedi 19 septembre 2026 à Lausanne et Genève face à l’intensification des vagues de chaleur et aux conséquences déjà visibles du changement climatique en Suisse.
Sous la bannière « Pas d’étés à 50 °C ! », les deux manifestations débuteront à 14 h. Les lieux de départ et les parcours doivent encore être confirmés.
État d’urgence et Objectif Climat Vaud figurent parmi les organisations qui soutiennent cette mobilisation.
La chaleur extrême s’intensifie en Suisse
Le constat scientifique ne fait plus débat : la Suisse se réchauffe fortement.
Selon MétéoSuisse, la température moyenne actuelle du pays se situe déjà environ 3 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle 1871-1900. Le réchauffement observé en Suisse est depuis longtemps environ deux fois plus important que la moyenne mondiale.
Les vagues de chaleur sont également devenues nettement plus fréquentes et plus intenses. Les scénarios climatiques suisses Climat CH2025, élaborés par MétéoSuisse et l’EPFZ, identifient la chaleur extrême comme l’un des quatre changements climatiques majeurs auxquels la Suisse doit se préparer.
À mesure que le réchauffement mondial augmente, le nombre de journées tropicales, durant lesquelles la température maximale atteint au moins 30 °C, progresse fortement. Les épisodes de chaleur extrême deviennent également plus fréquents et plus intenses.
Des températures proches de 50 °C sont-elles réellement possibles ?
Le slogan « Pas d’étés à 50 °C ! » interpelle volontairement. Il mérite cependant d’être replacé dans son contexte scientifique.
Les scénarios officiels Climat CH2025 ne prédisent pas que la Suisse connaîtra systématiquement des températures de 50 °C en 2050. Ils montrent en revanche sans ambiguïté une augmentation de la fréquence et de l’intensité des chaleurs extrêmes si le réchauffement se poursuit.
Fin juin 2026, le professeur honoraire de l’Université de Lausanne Dominique Bourg estimait dans une interview à la RTS que des pics atteignant 50 °C à Genève pourraient devenir possibles dans une vingtaine d’années si la trajectoire climatique ne change pas radicalement.
Il s’agit donc d’un risque de température extrême ponctuelle, et non de la température moyenne d’un été suisse.
Cette distinction est importante. Mais elle ne réduit en rien la gravité de la tendance observée : chaque fraction supplémentaire de réchauffement augmente la fréquence et l’intensité des épisodes de chaleur.
La chaleur est déjà un problème de santé et de justice sociale
Les fortes chaleurs ne constituent pas uniquement un problème de confort.
Une chaleur extrême durant la journée, combinée à des nuits très chaudes, fatigue l’organisme et augmente les risques sanitaires. Les personnes âgées, les jeunes enfants, les personnes souffrant de maladies chroniques et celles travaillant à l’extérieur figurent parmi les populations particulièrement exposées.
Les conséquences sont également profondément sociales.
Tout le monde ne dispose pas d’un logement correctement isolé, d’un accès à un espace végétalisé ou de la possibilité d’adapter ses horaires de travail. Les personnes vivant dans des logements surchauffés, dans des quartiers fortement minéralisés ou exerçant des métiers physiques sont davantage exposées.
La question climatique rejoint donc directement celle de la justice sociale : les personnes qui disposent du moins de moyens pour se protéger sont souvent parmi les premières à subir les conséquences des chaleurs extrêmes.
Adapter la Suisse ne suffira pas
La coalition « Pas d’étés à 50 °C ! » demande la mise en place rapide de mesures d’urgence combinant adaptation et atténuation.
Cette double approche correspond au constat scientifique actuel.
L’adaptation est désormais indispensable : végétaliser massivement les villes, créer de l’ombre, désimperméabiliser les sols, protéger les travailleurs et travailleuses, adapter les écoles, les EMS et les logements ou encore renforcer les plans caniculeLes canicules, périodes de quelques jours à quelques semaines voire mois de chaleur anormale sur une large zone géographique, avec une diminution de la différence de température jour-nuit. Elles peuvent se caractériser par une forte humidité atmosphérique, dans des régions océaniques, ou par une forte sécheresse dans les régions continentales.
La canicule est provoquée par un blocage météorologique qui maintient cette situation sur une longue période..
Mais l’adaptation possède des limites.
MétéoSuisse rappelle que l’ampleur future du réchauffement dépend directement de la quantité de gaz à effet de serre émise. Une réduction rapide et conséquente des émissions permet encore d’éviter les conséquences les plus graves.
Autrement dit, planter des arbres et adapter les bâtiments est indispensable. Mais ces mesures ne peuvent pas remplacer la réduction des émissions liées aux énergies fossiles, aux transports, aux bâtiments, à l’industrie et aux autres secteurs fortement émetteurs.
Plus de 50 organisations appellent à se mobiliser
La coalition rassemble des organisations climatiques et environnementales, des syndicats, des associations d’habitant·es, des organisations paysannes et des formations politiques.
Parmi elles figurent notamment Greenpeace Suisse, le WWF Suisse, l’Alliance Climatique Suisse, la Grève du Climat, Uniterre, UNIA Genève et Vaud, le SSP, actif-trafiC, les Grands-parents pour le climat, Objectif Climat Vaud et État d’urgence.
La coalition souhaite provoquer « le sursaut nécessaire à la mise en place rapide de véritables mesures d’urgence combinant adaptation et atténuation ».
Un manifeste présentant des revendications communes doit être publié durant la deuxième moitié du mois d’août.
Rendez-vous le 19 septembre à Lausanne et Genève
Les manifestations auront lieu :
Samedi 19 septembre 2026
Lausanne et Genève
14 h
Lieux de départ à confirmer
Face au changement climatique, la question n’est plus de savoir si la Suisse devra s’adapter à davantage de chaleur. Cette évolution est déjà en cours.
La véritable question est de savoir jusqu’où nous laisserons les températures augmenter et quelles populations nous accepterons d’exposer aux conséquences.
Chaque dixième de degré de réchauffement évité réduit les risques et les besoins futurs d’adaptation.
Le 19 septembre, plus de 50 organisations appellent la population à rappeler une évidence : nous pouvons encore éviter le pire, mais certainement pas en poursuivant au même rythme.
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