Dernière modification le 21-10-2026 à 15:14:09

Les bases en 2 minutes
Les plantes sont de petites usines solaires. Grâce à la photosynthèse, elles captent le CO₂ de l’air, gardent le carbone pour fabriquer leurs feuilles, leur bois et leurs racines, et rejettent de l’oxygèneLe dioxygène, communément nommé oxygène, est une substance constituée de molécules O2 (constituées chacune de deux atomes d'oxygène). Gazeux dans les conditions normales de température et de pression, incolore, inodore et insipide, il participe à des réactions d'oxydoréduction, essentiellement la combustion, la corrosion et la respiration. Le dioxygène est l'une des formes allotropiques de l'oxygène. L'appellation « oxygène » sans autre précision est ambiguë parce que ce terme peut désigner l'élément oxygène (O) ou bien le gaz oxygène (O2). More. Une partie de ce carbone finit dans les sols, qui en stockent encore plus que les plantes elles-mêmes.
Les forêts, les prairies et les tourbières jouent donc un rôle de puits de carboneUn puits de carbone est un réservoir qui absorbe, par un mécanisme naturel ou artificiel, le carbone atmosphérique. Les principaux puits de carbone sont les océans (l’eau et les organismes qui y vivent) et certains milieux continentaux comme les forêts (la végétation et le sol) et les tourbières. More. Au cours des dix dernières années, les terres ont absorbé environ 21 % du CO₂ émis par les humains. Mais ce puits est menacé par la déforestation et par le réchauffement lui-même.
À retenir
- La déforestation continue : selon la FAO, environ 10,9 millions d’hectares de forêt ont disparu chaque année entre 2015 et 2025, surtout sous les tropiques.
- Des forêts sous stress : sécheresses, chaleur, incendies et ravageurs affaiblissent les arbres, y compris dans les forêts suisses, où l’épicéa et le hêtre souffrent.
- Plus qu’un stock de carbone : les forêts régulent l’eau, rafraîchissent l’air, protègent des avalanches et abritent une grande partie de la biodiversité terrestre.
Vrai ou faux ? « Planter des arbres suffit à compenser nos émissions. »
Faux. Un arbre met des décennies à stocker son carbone, qui peut repartir en fumée lors d’un incendie. Les surfaces nécessaires pour absorber les émissions actuelles n’existent pas. Planter aide, mais seulement en plus d’une forte baisse des émissions.
Le podcast
Audio : 7:25 minutes d’écoute, vous pouvez accélérer la vitesse de lecture.
Qu’est-ce ?
Les arbres, et la végétation en général, en plus d’être responsables de la production primaire1 nécessaire à la vie telle qu’on la connaît, et de fournir des habitats pour des centaines de milliers d’espèces, joue aussi un rôle prépondérant dans la mitigationAction de mitiger.
Adoucissement de l'effet du réchauffement climatique. More du réchauffement climatique.
Comment ça marche ?
Les végétaux sont caractérisés par leur capacité à convertir l’eau et le CO2 en sucre et en oxygène grâce à l’énergie lumineuse du soleil. Ce processus s’appelle la photosynthèse et se produit grâce à la chlorophylle, le pigment qui donne leur couleur verte aux plantes en absorbant les autres longueurs d’onde. Les plantes prélèvent l’eau depuis le substrat grâce à leurs racines, et les stomatesUn stomate est un orifice de petite taille présent dans l'épiderme des organes aériens des Embryophytes (sur la face inférieure des feuilles le plus souvent). Il permet les échanges gazeux entre la plante et l'air ambiant (dioxygène, dioxyde de carbone, vapeur d'eau...) ainsi que la régulation de la pression osmotique. More, minuscules ouvertures sous les feuilles, permettent d’absorber l’air contenant le CO2.
Dans le contexte climatique, l’évapotranspiration est aussi un processus dans lequel la végétation joue un rôle important. L’évapotranspiration est le transfert d’eau vers l’atmosphère sous forme de vapeur. Les arbres y participent, d’une part, en interceptant une partie des précipitations qui, par conséquent, ne ruissellent pas ni ne rechargent la nappe phréatique, et d’autre part, en transpirant. En effet, les plantes transpirent quand elles ouvrent leurs stomates pour absorber le CO2, car la différence d’humidité entre l’air et l’intérieur des feuilles fait circuler l’eau hors du tissu cellulaire, vers l’air.
Pourquoi est-ce important ?
Grâce à la photosynthèse, les végétaux font de la bioséquestration, c’est-à-dire qu’ils captent le CO2 atmosphérique et le stockent sous forme de biomasse. Il est estimé que les écosystèmes terrestres séquestrent 3 milliards de tonnes de CO2 d’origine anthropogénique par an, ce qui représente 30% des émissions de CO2 par combustion de carburant fossiles et par déforestation2. La végétation terrestre est donc, au même titre que les océans, un véritable puits de carbone. Elle stocke une quantité de carbone deux fois plus importante que celle présente dans l’atmosphère3. Certaines forêts peuvent cependant passer de puits à source de carbone, comme ça a été le cas des forêts canadiennes, à cause des feux de forêts et d’invasions d’insectes4.
Pour réduire la quantité de carbone atmosphérique, on peut donc reboiser, utiliser des produits de foresterie durable pour remplacer les carburants fossiles, et stopper la déforestation5. Cependant, la reforestation n’est pas à préconiser partout, notamment parce qu’elle peut diminuer l’albédoL’albédo est le pouvoir réfléchissant d’une surface. C’est la mesure qui permet de déterminer la quantité d’énergie lumineuse réfléchie par rapport à la quantité d’énergie lumineuse reçu par unité de surface. Cette valeur va de 0 pour une surface très absorbante très noire, transforme toutes la lumière reçue en chaleur, à 1 pour une surface très réfléchissante comme un miroir parfait. More d’un territoire. Dans son rapport de 2018, l’IPCCLe GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) est une organisation qui a été créée en 1988 par l'OMM et le PNUE, à la demande du G7 (groupe de sept grandes économies industrialisées : USA, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Canada, Italie). La version anglaise de cet acronyme est IPCC (The Intergovernmental Panel on Climate Change). More estime qu’un milliard d’hectares supplémentaires seraient nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5°C d’ici 20506. Une étude publiée en 2019 dans Science a montré qu’il y aurait sur terre 0,9 milliards d’hectares disponibles et propices à un reboisement, qui permettrait de stocker 250 gigatonnes de carbone7. Les auteur·rices précisent cependant que ce reboisement est possible selon les conditions climatiques au moment de la publication de l’article, mais que la surface disponible risque de diminuer avec l’évolution du climat, ce qui implique qu’il y a urgence. En effet, les changements climatiques peuvent rendre une région inhabitable pour les arbres et les espèces qui leurs sont associées, mais peuvent aussi conduire au déplacement de la distribution géographique de leurs pathogènes, et les conditions climatiques défavorables, comme les sécheresses, peuvent augmenter leur effet néfaste sur la végétation8. Finalement, une étude de 2009 avait estimé que l’arrêt total de la déforestation ne permettrait de réduire que de 12% les émissions anthropogénique de CO2, donc la réduction drastique d’émissions de CO2 par la combustion de carburants fossiles reste nécessaire9.
Parmi les autres services offerts par les forêts, on peut aussi mentionner la protection qu’elles offrent contre l’érosion et les tempêtes, ainsi que le fait qu’elles fournissent des pollinisateurs et qu’elles constituent les écosystèmes terrestres les plus riches en espèces10. La nature en ville a aussi pour avantage d’y faire baisser la température et créer ce qu’on appelle des « îlots de fraîcheur ». Les arbres créent de l’ombre et la vapeur émise par évapotranspiration rafraîchit l’air11.
Les forêts, en particulier dans les régions tropicales, sont fortement menacées par la déforestation. Celle-ci est d’ailleurs la deuxième source d’émission de gaz à effet de serre, due à la combustion de la biomasse et la décomposition des débris laissés sur place et du sol12. L’élevage intensif, l’urbanisation et l’exploitation non-durable de bois sont les causes principales de déforestation. Pendrill et ses collaborateur·rices (2019) ont estimé que la déforestation associée à l’agriculture, l’élevage et l’agroforesterie a émis 2.6 gigatonnes de CO2 dans les tropiques entre 2010 et 2014. Une bonne partie de ces émissions sont dues à l’élevage de bétail et à la production d’huile de palme et de soja (Figure 1)13. Cette même étude montre qu’une grande partie des ressources incriminées sont exportées, notamment en Europe, mettant en évidence le rôle des pays du Nord dans la déforestation des tropiques. La figure 2 montre que l’alimentation de la population suisse a une relativement grande empreinte carbone liée à la déforestation.


Complément web
- Les forêts, réserve de vie https://www.notre-planete.info/environnement/biodiversite/forets-services.php
Compléments vidéos
- Réchauffement climatique et végétation par Hervé Le Treut https://youtu.be/TbKyYwQPKu8
- Quels impacts du réchauffement climatique sur les paysages ? https://youtu.be/7hITw_YtI4w
- Forêts et réchauffement climatique https://youtu.be/aXPN8uozwRQ
Compléments jeunes
- Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur les forêts ? https://youtu.be/gohyAur-uWY
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Production_primaire#Productivit%C3%A9_terrestre Aller à la note de bas de page 1
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