samedi , 14 décembre 2019
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FAQ – Questions Fréquentes

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C’est quoi cette histoire ?

“Ils exagèrent !!!”

Non, pas vraiment, si on compare les prévisions faites en 2001, … elles sont largement dépassées. Les prévisions d’il y a 18 ans ne prévoyait pas ce qui nous arrive aujourd’hui. On trouve ce graphique dans le rapport de l’organe consultatif pour le réchauffement climatique (Suisse p.11). Le GIEC trop optimiste : www.france-science.org  ?  De nouvelles études du CNRS à +7° ? Réseau action-climat

Une Vidéo des Citoyens Pour Le Climat.

“Les Suisses sont toujours premiers de classe

Oui, … et non (Suisse championne des entraves / La suisse propre en ordre). Nous sommes dans le peloton de tête pour le pouvoir d’achat et plus de consommation… génère plus de Gaz à Effet de Serre (GES). Dans ce sens, nous sommes parmi les pires puisque nous émettons environ 14 tonnes (6 tonnes en suisse et le restes par nos achats de biens qui viennent de l’étranger). On considère que générer ~1.5 tonnes serait raisonnable — oui, c’est 10 x moins —. On sent venir les gros changements.

On voit aussi que le plan du conseil fédéral n’est pas suffisant pour atteindre ces objectifs, le plan qui vise à diminuer à 50% 0% (28 août 2019, on progresse) nos émissions en Suisse d’ici 2050 nous amène encore à un réchauffement de 2-3°C au niveau mondial (traduisez 4-6°C en suisse). Pour parvenir à la cible des accords de paris, c’est 0% net qu’il faut viser en 2050 y compris les émissions à l’étranger. (voir la conclusion de son propre rapport p. 182).
Il faut dire que le conseil fédéral s’était basé sur un rapport rigolo de l’OcCC de 2007 dont les “données fondamentales” p.11 sont un peu à côté de la plaque, la courbe rouge est à +0.5° en 2019, et la vitesse effective du réchauffement a été QUATRE FOIS plus rapide –> grave dépassement de vitesse d’échauffement !!! Comme quoi les prévision son difficiles et peuvent sous estimer le danger. (Principe de précaution, où es-tu ?)

“La météo a toujours été capricieuse”

Oui, le temps varie sur de courtes durées, de manière assez chaotique, mais si on fait une moyenne sur plusieurs années, on se rend compte que les mesures mondiales de température de l’air, mais aussi des océans augmente nettement et à très grande vitesse par rapport à ce que l’on sait du climat des quelques milliers d’années qui nous ont précédées, et qu’on a pu établir avec une certitude suffisante. (voir notre page “Réchauffement climatique”). Les glaciers, sentinelle du climat, nous informent très clairement sur les tendances à long terme… il disparaissent. Vous trouverez Un historique de l’établissement progressif de ces certitudes.

“C’est la faute au soleil / au rayonnement cosmique / à l’activité volcanique”

Aucune de ces causes (que l’on mesure d’ailleurs très bien séparément) ne permet d’expliquer cette augmentation soudaine de température. Les études qui analysent le comportement des gazes à effet de serre dans notre atmosphère montrent par contre très clairement leur cause dans le réchauffement actuel et les concentrations de Gaz à Effet de Serre ne peuvent être issues que de l’activité humaine. C’est tout le travail d’analyse des études scientifiques du GIEC (IPCC en anglais). Oui, NOUS sommes responsables.

“Et la mort des forêts ? Elles ne sont pas mortes, alors qu’on en a fait tout un plat dans les années 80 !”

Oui, cela a duré presque 10 ans, mais des mesures ont été prises pour diminuer les émission de dioxyde de souffre que l’on rejetait dans l’atmosphère (divisées par 40 !! les émissions) Ce qui a eu pour effet de limiter l’impact sur l’acidification des sols, et soulager un peu la pression des activités humaines sur la forêt. (Extrait du rapport du conseil fédéral sur l’environnement p.92)

Emissions de SO2

Sinon, les forêts sont aussi des témoins de l’évolution du climat, exit sapins, hêtres et épicéas toutes ces essences vont être remplacées très rapidement par des espèces plus résistantes à la chaleur et la sécheresse. Un article sur l’état actuel de la forêt
Vous avez une forêt ? voici quels arbres planter. https://tree-app.ch/ (encore en phase de test)

“C’est la faute à ceux qui prennent l’avion”

Prendre l’avion sur des courtes distance et/ou pour des motifs futiles est une activité qui doit / qui va disparaître, vu son fort impact sur l’émission de gaz à effet de serre (GES). En suisse l’avion représente actuellement 10% de nos émissions ce qui n’est pas négligeable, (3% en moyenne en Europe) mais ne fait pas tout. Les transports routiers (32% de nos émissions), notamment, génèrent autant de GES qu’en 1990 alors que de multiples mesures ont été prises, à chaque fois mises en échec par l’augmentation du parc véhicule ou les stratégies des importateurs/des fabricants pour toujours vendre de plus grosses voitures (voir 4×4). Vous devez acheter une voiture ?  Sélectionnez 5***** sur ce site écomobiliste.

“Les bâtiments, ce chauffage, ça consomme c’est l’horreur”

Bon, c’est vrai que c’est un des consommateur d’énergie fossile, mais en Suisse, c’est un des domaines sur lequel on a travaillé et… diminué la consommation par 2 en ~40 ans (la courbe verte à la page 3). Donc il y a encore à faire, mais sur ce coup, il y a une taxe CO2 et un programme bâtiment qui fonctionne, et des bâtiments qui se font refaire la façade tous les jours.

Regardons ce que nous disent nos statistiques sur notre impact environnemental (ok, pas que le CO2, l’impact global)

N°1: L’alimentation ! et ça, on peut changer notre comportement aujourd’hui.
Conseils de L’Etat de Fribourg, Evaluation de quelques labels, Energie-enviromment.ch

 

Tiré du “Rapport sur l’environnement 2018” p.31

 

“La voiture électrique, c’est elle qui va nous sauver !”

Si on compare, il apparaît que pour des voitures de même type, on gagne… ~10% d’impact écologique avec une voiture électrique (mais 50 % si on passe de 1 à 2 occupants dans la voiture à essence). Les transports publics ou le covoiturage font beaucoup mieux que le lithium.

Tiré du “Rapport sur l’environnement 2018” p.72

Les transports publics ou le covoiturage, c’est mieux,en suisse le taux d’occupation d’une voiture est de 1.6 alors que la plupart sont des 4 places ou plus. On pourrait faire mieux ? Peut-être avec un logiciel de covoiturage dynamique. C’est la version moderne de l’auto-stop, sans risque puisque chacun est identifié, et avec pourquoi pas, un dédommagement du chauffeur. (Effet immédiat, coût faible, élimination des bouchons, on aime !!)
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La croissance c’est hyper important, on doit s’orienter vers la croissance verte, comme le propose Bertrand Piccard

On pourrait imaginer qu’un effort extraordinaire de réorientation de nos industries pourrait les “convertir” au “développement durable”, mais cette idée est un leurre. La conversion au “développement durable”, c’est il y a 30-40 ans qu’il fallait la mener, il n’est aujourd’hui physiquement plus possible de convertir l’appareil industriel mondial dans le temps imparti. (voir article: Le mirage de la croissance verte). Pour ce qui est de la croissance, plus d’argent = plus de satisfaction ne fonctionne plus après un certain niveau de revenu, voir “le paradoxe d’Easterlin” et on sait tous qu’  “achetez et vous serez heureux” ne fonctionne pas malgré tous les messages de la pub.

“Les Chinois et les Américains, c’est eux qui doivent diminuer, nous, on est un tout petit pays”

Nous sommes un petit pays qui est le premier gestionnaire de fortune mondial, et une des plus importante place de commerce des matières premières. Nous sommes également les premiers … du classement des investissement dans les énergies fossiles par habitant notamment via nos caisses de pensions exemple de la caisse de l’Etat de Vaud. Où l’on se rend compte que nous gérons des capitaux qui génèrent 20 x plus de CO2 que la production propre du pays.

Et notre banque nationale n’est pas en reste puisqu’elle finance encore massivement les énergies fossiles.

Si notre impact est limité en raison du petit nombre d’habitants, nous sommes chaque habitant, parmi les plus gros producteurs (direct et indirect) de gaz à effet de serre, et à ce titre, avons une responsabilité particulière pour mettre en oeuvre et tester des solutions que notre niveau de vie permet de financer. A propos, il n’est pas question de faire de la cosmétique et de minauder sur les solutions, on va devoir TOUT FAIRE pour diminuer notre impact de manière si importante.

“Taxez le CO2 plutôt que le travail !”

Oui, nous n’avons pas de taxe sur le CO2 (pardon, sauf sur les combustibles, le mazout de chauffage), puisque notre parlement a refusé son introduction. Il faut dire que le projet présenté l’automne 2018 n’était pas à la hauteur des enjeux: “L’objectif de diminuer de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 n’a pas été contesté et la limite du réchauffement planétaire a été abaissée à en-dessous de 2 degrés”. Mais notre parlement ne se donne pas les moyens d’y parvenir, faut-il y voir un résultat de la sensibilité écologique de nos élus ? Allez voir leur évaluation sur ce plan, AVANT de voter.

“Il y a trop de monde sur terre, il faut arrêter l’aide aux pays pauvres”

Alors là, c’est non tout net. Pourquoi ? Voyez cette vidéo du site gapminder.org (qui s’occupe de statistiques), c’est en supprimant la grande pauvreté que l’on pourra limiter la population, ce qui signifie plus d’aide et de l’aide toujours mieux organisée et plus intelligente à destination des pays à forte natalité (et du coup, grande pauvreté).

De plus, les gaz à effet de serre sont UN PROBLEME DE PAYS RICHES puisque pour pouvoir en émettre il faut consommer et donc avoir un revenu confortable. On voit sur ce graphique basé sur les statistiques de l’ONU que les émissions sont exponentielle avec le revenu. A remarquer que l’on ne tient ici compte que des émission ce CO2 générées dans un pays.

Somalie: 45 kg là où nous Suisses, comptons en tonnes. Et oups…, ce sont des pays qui seront très impactés par le réchauffement.

“On paye déjà beaucoup trop de taxes, on va pas en ajouter pour l’environnement”

Selon le rapport de l’OCDE p.25 notre fiscalité environnementale est faible et en baisse (ce qui est exactement l’inverse du bon sens). Il est d’ailleurs impressionnant de voir comment nous en sommes arrivés à avoir un coût de la voiture/passager/kilomètre qui est identique au coût des années 90 alors que le revenu moyen a augmenté de 25% et le prix du transport public a augmenté de 35% !!  (mais où est la taxe sur l’essence…on en a besoin !) Voir aussi “Transports énergie déchets” sur la RTS

Rapport du conseil fédéral sur l’environnement 2018 p. 72

La Suisse a déjà beaucoup de dettes, investir dans la transition écologique va déséquilibrer le budget

Le budget de la confédération est “maladivement” positif depuis trop longtemps. Les politiques frileuses et de réduction de l’action de l’état (néolibérales) et le système du frein à l’endettement ont contribué à limiter de manière drastique des budgets. La Suisse a d’ailleurs multiplié les gestes pour promouvoir sa compétitivité fiscale pour les entreprises, qui a en grande partie été payée par le contribuable privé.

La Suisse devrait investir plus car sa dette est trop faible, ce qui pose de multiples problèmes (vous avez dit “Franc fort” ?) dans un environnement plus fortement endetté.

“C’est pas juste, ma génération va payer pour celle des 30 glorieuses”

Alors là oui, c’est vrai, mais c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins cher que ce que va payer la génération suivante si on ne fait rien. Il faut savoir que le coût en points de PIB des scénarios actuels avoisine les 15% en 2100, ou “seulement” 3-4% si on est optimiste quand à la faculté d’adaptation des systèmes (agricoles, industriels, …quand on sait que la suisse a une croissance de ~2% tout est consommé par la préoccupation climatique.) Et ici, on ne parle pas d’emballement de l’une ou l’autre des sources naturelle de carbone qui pourrait s’enclencher et tout multiplier par 10.

Une première estimation des dommages aux infrastructures a été faite en octobre 2019: environ 1 milliard par année. (juste pour les infrastructures)

Les dommages économiques du changement climatique

Illustration de ce que nous devons faire au niveau mondial: et franchement… on y est pas.

Tiré de “Onu environnement Gap report”

Le même graphique, aussi vertigineux dans le rapport de l’Europe sur l’état de l’environnement

On trouve aussi un suivi des investissement consentis dans le monde (Actuellement env. 500 milliards/an public et privés) mais … c’est pas assez, les estimations vont de 1’600 à 3’800 milliards pour conserver le 1.5°.  Courage… on investit actuellement encore plus (825 Milliards en 2016) dans le pétrole que dans le renouvelable (env. 450 milliards)…

Ce qui nous pend au nez

Une dernière image pour se faire peur, des systèmes qui pourraient créer un emballement une fois un seuil franchi (c’est déjà bien parti avec la banquise qui diminue -> absorbe plus de chaleur -> diminue…)

Voici une illustration d’autres systèmes qui pourraient nous rendre la vie impossible, si on passait un certain cap… mais on ne saura lequel que lorsque ce sera trop tard.

Mais alors c’est foutu ?

Que reste-t-il à espérer ?

“Il n’y a plus d’espoir, que les changements puissent être inversés…le contraire de l’espoir, ce n’est pas l’espoir, mais du chagrin…La rapidité du changement, son ampleur et son caractère inévitable nous lient en un seul cœur brisé, pris au piège dans une atmosphère de réchauffement... Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de courage. Le courage est la résolution de bien faire sans l’assurance d’une fin heureuse.

Kate Marwel Climatologue associée au Goddard Institute for Space Studies de la NASA Texte original traduit en Français

Les jeunes, vous êtes tous des naïfs

Ah, parce qu’attendre depuis 30 ans (Rio sommet de la terre 1992) que “la main invisible” prennent en compte la limitation évidente des ressources terrestres dans l’équation économique c’est pas naïf ?

Naïfs sont ceux qui croient encore que “la technologie”, “l’économie verte” ou pire, “la géo-ingénierie” vont nous sortir de l’ornière, sans s’attaquer à la racine du mal: des changements systémiques (de la place de l’argent ?) sur le plan de l’énergie, de l’alimentation, de la mobilité et des systèmes urbains. Ceci ne se fera pas sans la modification des structures sociales dans nos sociétés.

Naïfs ceux qui croient aux boniments des nationalistes qui rejettent le problème sur l’étranger (ben ouais, qui d’autre ?)

Naïf de penser que nos politiques en place vont aboutir à autre chose que le statut quo, qui nous promet au mieux un avenir décrépit, au pire une dérive fasciste.

Ce que l’on peut faire tout de suite:

On ne sait pas vraiment à quel moment ce sera trop tard…, mais ce que l’on sait suffit à nous obliger à évoluer. (…ou disparaître disait Darwin)  Vidéo des Citoyens Pour Le Climat.
Et évoluer c’est faire quoi ? Il  a plusieurs choses à faire que l’on retrouve sur le site de l’onu ou sur le site de Greenpeace
On peut aussi exhorter notre caisse de pension à sortir des investissements fossiles: http://retraites-sans-risques.ch/
Et oui, il y aura des choses à changer dans notre système de valeurs car nous savons maintenant tous que “Achetez et vous serez heureux” non seulement ne fonctionne pas, mais nous conduit tous ensemble à notre perte. Pacte pour le climat. Le néolibéralisme transforme la liberté pour tous en liberté pour quelques-uns

Vous pouvez également manifester votre soutien à Extinction Rébellion comme Scientifique ou comme Citoyen (Flash RTS). Et chanter des chansons ;O)

Ce que l’on a fait cet automne

La suisse a élu sont nouveau parlement, c’est un virage que nous avons pris, mais on peut relever le virage pour être certains que nos parlementaires le prennent.

Une élection n’est pas tout, on peut toujours intervenir auprès de nos parlementaires, par exemple par email. Il y a le site ecorating  qui répertorie chaque décision des parlementaires, prise sous l’angle de la préservation de l’environnement. Il existe également une publication de Pro Natura qui détaille les positions des partis pour des sujets cruciaux liés à l’environnement.

Qualité de notre démocratie

Vous pouvez également vous faire une idée de la qualité démocratique (faire passer les intérêts du plus grand nombre avant les siens) en jetant un oeil à ce document tiré de l’étude de “Lobbywatch.chen Allemand avec ci-après, un graphique qui fait l’inventaire des montants reçu par les parlementaires des entreprises de l’assurance et de la finance au cours de la dernière législature.

Autre ressources: https://www.publiceye.ch/fr/

La taille annuelle du gâteau ci-dessus est d’environ 6.5 millions de Francs Suisses (Peanuts diront certains).