dimanche , 3 mai 2026

Suisse à 10 millions : quand la démographie sert de réponse à tout

Dernière modification le 3-5-2026 à 20:12:16

Face à l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions », les arguments alarmistes sur la surpopulation reviennent en boucle : logements, transports, climat, alimentation, qualité de vie…

Tout semblerait soudain s’expliquer par le simple nombre d’habitants. Pourtant, derrière cette apparente évidence se cachent bien souvent des raccourcis démographiques, des oublis économiques et des simplifications écologiques que les données factuelles peinent à confirmer.

Deux courriers publiés récemment dans le 24 heures illustrent parfaitement cette mécanique : partir de problèmes réels, puis les réduire à une cause unique, intuitive et commode — le nombre d’habitants.

L’initiative (admin ch) « Pas de Suisse à 10 millions ! (initiative pour la durabilité) ».

L’initiative «Pas de Suisse à 10 millions !»

www.24heures.ch/courrier-des-lecteurs-suisse-a-10-millions-les-gravieres-vaudoises-634984424818

L’initiative «Pas de Suisse à 10 millions ! (initiative pour la durabilité)» suscite diverses oppositions, dont certaines dissimulent, sous des arguments fallacieux, une hostilité de principe à tout ce qui émane de l’UDC. On aimerait parfois plus d’honnêteté.  Relevons l’astuce de Carlo Sommaruga, président de l’Asloca, qui affirme que l’immigration a peu d’effets sur le prix des loyers, en omettant sciemment le vrai problème: la pénurie de logements, laquelle résulte bien d’une augmentation de la population.

Réponse EU (état d’urgence) : attribuer la pénurie de logements au seul nombre d’habitants est un raccourci. La taille moyenne des ménages suisses est passée d’environ 3,7 personnes en 1930 à près de 2,2 aujourd’hui, tandis que la surface habitable moyenne atteint désormais 46,6 m² par personne. Autrement dit, nous occupons toujours plus d’espace à moins de personnes par logement, ce qui augmente mécaniquement la demande même à population stable. À cela s’ajoutent spéculation foncière, rétention de terrains constructibles et construction orientée vers le rendement. La crise est donc largement immobilière avant d’être démographique. Des modèles non spéculatifs existent pourtant : la SCHL, active depuis 1920, fournit par exemple des milliers de logements de qualité à loyers modérés dans la région lausannoise. La question n’est donc pas seulement combien nous sommes, mais au profit de qui l’on construit. Cf. Surpopulation, équation dite IPAT, jour du dépassement et théorie du donut.

Mais arrêtons-nous à l’Association suisse pour la protection du climat qui affirme, dans un tous-ménages, que cette initiative porterait un titre trompeur et n’aurait rien à voir avec la «durabilité», définie comme la capacité d’un système à se maintenir dans le temps en répondant aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures. La croissance démographique constitue pourtant bien le facteur qui compromet toutes les mesures prises en faveur de cette durabilité.

Réponse EU : présenter la croissance démographique comme le facteur qui compromet à lui seul la durabilité est scientifiquement réducteur. En écologie, l’impact environnemental dépend de l’équation IPAT : population × niveau de consommation × technologies employées. Or, dans un pays riche comme la Suisse, la surconsommation et l’externalisation pèsent bien davantage que le simple nombre d’habitants. Réduire tout le problème à la démographie revient donc à ignorer les principaux leviers d’action.

Les effets de la surpopulation, chacun les éprouve dans sa vie quotidienne: saturation des moyens de transport, pénurie de logements, hôpitaux surchargés, nécessité de consommer du sol pour construire les infrastructures indispensables à la gestion de cette population en croissance. Jusqu’à nos sentiers forestiers qu’on doit fermer à des promeneurs devenus trop nombreux. S’y ajoute la violence qui se développe à l’intérieur des espèces animales lorsque les individus sont en surnombre.

Réponse EU : ce raisonnement amalgame sous le terme de « surpopulation » une série de problèmes qui relèvent en réalité de choix d’organisation très différents. La saturation des transports traduit surtout des décennies de sous-investissement dans les alternatives à la voiture et un aménagement dispersé du territoire. Les hôpitaux surchargés renvoient d’abord aux restrictions budgétaires, au manque de personnel et au vieillissement démographique. La consommation de sol dépend largement du type d’urbanisation choisi, souvent extensif et peu rationnel. Quant à la violence, elle est bien davantage corrélée aux inégalités, à la précarité et à la désorganisation sociale qu’à la seule densité humaine. Additionner tous ces dysfonctionnements pour les attribuer à un unique excès de population relève moins d’une démonstration que d’un raccourci commode.

En Suisse, de 1990 à 2024, la production de gaz à effet de serre (GES), considérée comme la plus grande menace pour le climat, a régressé de 26%. Pendant la même période, la population Suisse a augmenté de 34% (passant de 6,7 à 9 millions.) À population stable, la diminution de la production de GES aurait été assez exactement de 50%. C’est l’objectif que la Suisse s’est fixé pour 2050.

Réponse EU : ce calcul donne une impression de rigueur mais repose sur un biais statistique majeur. Les -26 % avancés ne concernent que les émissions produites sur le territoire suisse, soit une fraction seulement de notre impact réel. Une part considérable de notre empreinte carbone a été déplacée à l’étranger via les importations, la délocalisation industrielle et notre consommation mondialisée. Utiliser ces seules émissions territoriales pour conclure que la croissance démographique annule nos efforts climatiques est donc trompeur. D’autant plus que les émissions ne dépendent pas du seul nombre d’habitants, mais aussi — et surtout — du niveau de consommation, des choix économiques et de l’externalisation massive de nos pollutions. La Suisse affiche ainsi un bilan officiel en baisse, tout en conservant l’une des empreintes de consommation les plus lourdes par habitant au monde. Cf. La Suisse, bon élève, vraiment ?

Plutôt qu’une limitation de la population, les milieux écologiques affirment qu’une limitation de nos consommations serait plus durable. Certes, mais c’est vite dit. Qui est disposé à réduire la surface de son logement, ou ses déplacements, ou son chauffage? Et si de nombreux immigrés, y compris les évadés fiscaux, viennent s’installer en Suisse, c’est pour profiter de la qualité de vie qu’ils y trouvent, mais certainement pas pour se serrer la ceinture !

Réponse EU : votre raisonnement revient à considérer la sobriété comme politiquement impossible au seul motif que chacun tient à son confort. C’est précisément cette résignation qui nous conduit à l’impasse. Toutes les avancées collectives importantes ont reposé sur des contraintes devenues acceptables lorsqu’elles étaient organisées au nom de l’intérêt général. Pourquoi le climat et l’épuisement des ressources devraient-ils faire exception ? Quant à la qualité de vie suisse invoquée ici comme un acquis intouchable, rappelons qu’elle s’est construite dans une prospérité largement nourrie par la mondialisation économique, la finance et le travail de nombreux étrangers. S’en servir aujourd’hui pour justifier l’inaction relève moins du réalisme que d’un refus de penser les changements nécessaires. Cf. Qualité de vie en Suisse ?

D’autres considèrent que le CO2 produit par un individu est le même, qu’il habite en Suisse ou ailleurs. C’est faux: dans une région peu peuplée, une augmentation démographique ne nécessite pas d’investissements en infrastructures et logements. Tout le contraire de la Suisse, où la densité de population constitue un problème en soi. On démontrerait aisément que l’essentiel des investissements publics dans notre canton vise à répondre à la croissance démographique et aux effets de la densification. On peut avoir de nombreuses raisons de voter non le 14 juin. Mais la mauvaise foi de certains opposants, notamment de défenseurs de l’environnement, doit être dénoncée.

Réponse EU : vous confondez ici plusieurs niveaux d’analyse. Oui, toute évolution démographique suppose des adaptations en logements et infrastructures, mais cela ne signifie pas que chaque habitant supplémentaire produirait mécaniquement un surcroît insoutenable de CO2. L’impact dépend du type d’aménagement, des matériaux utilisés, de la mobilité choisie et de la planification publique. Surtout, présenter la densité comme un problème en soi est discutable : une densification bien pensée limite souvent davantage l’étalement, l’artificialisation des sols et la dépendance automobile qu’un habitat dispersé. Ce n’est donc pas la seule croissance démographique qui détermine le coût écologique, mais la manière dont une société décide — ou non — de l’organiser.

Oui, la surpopulation s’oppose à la durabilité

Réponse EU : non, la durabilité ne se réduit pas à une question de nombre. Les sciences de l’environnement montrent que l’impact écologique résulte de l’interaction entre population, niveau de consommation et organisation technico-économique. Or dans les pays riches, ce sont surtout la surconsommation matérielle, le gaspillage, l’externalisation des pollutions et des infrastructures inefficaces qui creusent le dépassement écologique. Réduire cette complexité au seul mot de « surpopulation » revient donc à simplifier abusivement un problème d’abord lié à notre modèle de production et de consommation.

Jacques-André Haury
Médecin, député

Suisse à 10 millions: le danger de l’exagération

www.24heures.ch/oui-la-surpopulation-soppose-a-la-durabilite-654901154520

Ainsi donc, votre correspondant («24 heures» du 16 avril) ne voit dans le débat sur cette initiative que deux positions caricaturales. S’il est vrai que l’argumentation des partisans est peut-être un peu courte, celle des opposants ressemble carrément à un raisonnement de marchands d’esclaves.

Objectivement parlant, il s’agit d’un problème de surpopulation, c’est-à-dire lorsque les ressources disponibles ne sont plus suffisantes pour subvenir aux besoins de la population. Dans notre cas, les ressources en question ne se limitent pas aux infrastructures et aux difficultés d’intégration, mais également aux besoins élémentaires, soit l’alimentation.

Actuellement, la production indigène couvre environ la moitié de nos besoins. Plus la population augmente, plus la production agricole diminue (puisque la surface cultivable est grignotée) et les importations doivent être adaptées en permanence. Et tant pis si à l’autre bout du monde la famine s’accentue – voilà le chaos qui nous attend si on ne fait rien.

Réponse EU : assimiler automatiquement croissance démographique et pénurie alimentaire relève d’une vision trop linéaire. La Suisse gaspille encore près d’un tiers des denrées destinées à la consommation humaine et maintient un système agroalimentaire fortement dépendant d’importations et de choix peu efficients. La faim dans le monde découle bien davantage de la pauvreté, des conflits, du dérèglement climatique et des inégalités d’accès que du seul nombre d’habitants en Suisse. Là encore, un problème de gestion est transformé en fatalité démographique. Cf. voir compléments de lecture et références ci-dessous.

Jacques Schaerrer, Orbe

Compléments de lecture

Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir.

Le débat autour de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » repose largement sur une idée présentée comme une évidence : plus nous serions nombreux, plus la Suisse deviendrait automatiquement invivable, écologiquement insoutenable et socialement ingérable. Cette vision a le mérite de la simplicité, mais rarement celui de la rigueur.

Les données scientifiques, économiques et urbanistiques racontent une réalité bien plus complexe : dans la plupart des cas, ce n’est pas le nombre brut d’habitants qui détermine l’insoutenabilité d’un territoire, mais la manière dont ses ressources sont produites, réparties, consommées et planifiées.

La « surpopulation » : une explication trop simple pour être suffisante

En sciences de l’environnement, l’impact écologique ne dépend jamais d’un seul facteur démographique. Depuis les travaux de Paul Ehrlich et John Holdren au début des années 1970, l’analyse repose sur l’équation dite IPAT.

I = P × A × T (I = impact environnemental, P = population, A = affluence/niveau de consommation, T = technologie)

Source académique : Marian R. Chertow, The IPAT Equation and Its Variants (Journal of Industrial Ecology) www.semanticscholar.org/paper/The-IPAT-Equation-and-Its-Variants-Chertow/24647e044bb7f9cb7ea99dfc9b16b1b76beb99be

Autrement dit, l’impact environnemental résulte de l’interaction entre la population, le niveau de consommation et les technologies employées.

Un pays riche, très consommateur et fortement dépendant d’importations carbonées peut donc avoir une empreinte écologique bien plus lourde qu’un pays plus peuplé mais matériellement sobre. La Suisse illustre parfaitement ce cas : si toute l’humanité vivait comme un habitant moyen de ce pays, il faudrait 2,8 planètes pour soutenir ce niveau de consommation.

Source : www.overshootday.org/newsroom/country-overshoot-days/

Réduire la crise écologique au seul mot de « surpopulation » revient donc à détourner le regard des causes réellement massives : surconsommation, gaspillage, dépendance aux importations, externalisation industrielle et obsession de la croissance.

Voir également, Kate Raworth, Doughnut Economics : www.kateraworth.com/doughnut/

Alimentation : le vrai problème n’est pas le nombre, mais le système

La Suisse couvre environ la moitié de ses besoins alimentaires par sa production indigène. Ce chiffre est souvent invoqué pour alimenter une peur du manque. Pourtant, pris isolément, il ne prouve pas une fatalité démographique.

D’une part, la Suisse génère encore près de 2,8 millions de tonnes de pertes alimentaires par an, soit environ un tiers des denrées destinées à la consommation humaine. L’Office fédéral de l’environnement rappelle que ce gaspillage représente à lui seul près d’un quart de l’impact environnemental de notre alimentation.

Source officielle OFEV : www.bafu.admin.ch/fr/pertes-alimentaires

Avant même de parler de pénurie, une part gigantesque de ce que nous produisons ou importons finit donc inutilement détruite.

D’autre part, la pression alimentaire dépend aussi :

  • de la place excessive accordée aux produits animaux,
  • des importations de fourrages,
  • de la disparition des terres fertiles sous le béton,
  • de la fragilité des circuits mondialisés,
  • et d’habitudes de consommation largement excessives.

La faim dans le monde n’est pas provoquée par le simple nombre d’habitants vivant en Suisse, mais par la pauvreté, les conflits, le dérèglement climatique, la spéculation sur les matières premières et les inégalités d’accès.

Là encore, un problème de gouvernance est trop facilement présenté comme une fatalité démographique.

Pénurie de logements : une crise immobilière bien plus qu’une crise de population

Attribuer la crise du logement à la seule immigration ou à la seule hausse de population est une simplification commode.

Un fait essentiel est généralement passé sous silence : les ménages suisses occupent aujourd’hui beaucoup plus d’espace par personne qu’autrefois. La taille moyenne d’un ménage est passée d’environ 3,7 personnes en 1930 à environ 2,2 aujourd’hui. Dans le même temps, la surface habitable moyenne dépasse désormais 46 m² par habitant.

Source OFS
Pour l’évolution de la taille des ménages (1930 → 2024) :

www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/graphiques.assetdetail.gr-f-01.02.02.03a.html
Pour la surface habitable moyenne par personne en Suisse (46,6 m²) : 
www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/themes-transversaux/se-loger-suisse.html

Vieillissement, séparations, célibat plus fréquent et maintien à domicile des seniors augmentent donc fortement la demande en logements, même à population stable.

À cela s’ajoutent :

  • la spéculation foncière,
  • la rétention de terrains constructibles,
  • la lenteur administrative,
  • une construction trop souvent orientée vers le haut rendement.

La pénurie actuelle n’est donc pas la simple conséquence d’un « trop de monde », mais celle d’un marché immobilier largement financiarisé.

De nombreux travaux de l’EPFL montrent d’ailleurs que la Suisse dispose encore de potentiels de densification importants si celle-ci est intelligemment planifiée.

Références EPFL
actu.epfl.ch/news/densifier-les-friches-ferroviaires/
infoscience.epfl.ch/entities/publication/8f39b5ae-86c2-4cff-bc37-6a60f53c228b
infoscience.epfl.ch/entities/publication/d437d64c-d32b-4255-8ecb-07551dc6894a

Saturation des infrastructures : la densité n’est pas le mal, la mauvaise planification oui

Trains bondés, routes saturées, hôpitaux sous tension, urbanisation croissante : ces phénomènes existent bel et bien. Mais les attribuer mécaniquement à la « surpopulation » revient à confondre symptôme et cause.

La saturation dépend surtout :

  • d’un aménagement du territoire dispersé,
  • d’une dépendance excessive à la voiture,
  • d’un sous-investissement ciblé,
  • d’une planification trop tardive des équipements publics.

De nombreuses villes européennes plus denses que les centres suisses offrent pourtant une mobilité plus fluide, davantage d’espaces publics et une meilleure efficacité énergétique grâce à une organisation cohérente.

La densité n’est donc pas un problème en soi. Une densité mal pensée, oui.

Cf. articles d’etatdurgence.ch : Une alternative à l’élargissement des autoroutes.

Qualité de vie suisse : une prospérité qui ne s’est pas construite en vase clos

Il est trompeur de présenter la qualité de vie suisse comme un patrimoine fermé qu’il faudrait simplement défendre contre l’arrivée de nouveaux habitants.

Cette prospérité s’est construite depuis plus d’un siècle dans une économie très largement mondialisée :

  • place financière internationale,
  • attractivité fiscale,
  • négoce de matières premières,
  • capitaux étrangers,
  • recours massif à la main-d’œuvre immigrée.

La loi sur le secret bancaire de 1934, l’essor des grandes banques suisses, l’installation de multinationales de négoce et l’immigration de travail massive des années 1950 à 1970 ont largement contribué à bâtir le confort matériel actuel.

Des centaines de milliers de travailleurs étrangers ont participé à construire les infrastructures, les logements, les services publics et les entreprises qui fondent aujourd’hui cette qualité de vie.

Faire ensuite de l’immigration la cause principale de nos déséquilibres revient à oublier l’histoire même de cette prospérité.

Voir notamment les travaux de l’économiste Gabriel Zucman sur la finance offshore et les paradis fiscaux : gabriel-zucman.eu/

Le double visage du bilan carbone suisse

Les chiffres officiels montrent une baisse des émissions territoriales suisses depuis 1990. Mais ces données ne comptabilisent qu’une partie du problème : elles excluent une large part des émissions importées liées aux biens manufacturés, à l’alimentation, aux matériaux et à la consommation externalisée.

Plus des trois quarts de l’impact environnemental total de la demande finale suisse sont générés hors de nos frontières.

Autrement dit, la Suisse pollue moins sur son propre territoire, mais continue de faire polluer massivement ailleurs pour maintenir son niveau de vie.

Empreinte écologique suisse réelle et impact à l’étranger : www.bafu.admin.ch/fr/empreinte Article EU : Suisse, -27% d’émissions territoriales : un succès qui masque notre empreinte réelle avec analyse EU : « Le Double Visage du Bilan Carbone Suisse (2025-2026)« . RTS, 31 mars 2025, Suisse propre, bilan sale.

Ce que ce débat montre vraiment

Tous les arguments invoquant la « surpopulation » ont un point commun : ils transforment des problèmes complexes de consommation, de planification, de spéculation, d’inégalités et de gouvernance en une explication démographique unique, simple, intuitive… mais trompeuse.

Or les travaux scientifiques contemporains montrent exactement l’inverse : un territoire devient insoutenable moins parce qu’il accueille davantage d’habitants que parce qu’il persiste dans un modèle économique inefficace, énergivore et socialement inéquitable.

La vraie question est : comment nous choisissons de vivre, de produire, de construire et de partager.

Accuser le nombre est toujours plus simple que de s’attaquer aux privilèges, au gaspillage et aux désordres d’un système que l’on préfère ne pas toucher

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