mercredi , 29 mai 2024

Climat et intempéries en Suisse, +2°C ?

Dernière modification le 3-5-2024 à 18:34:59

Climat de la Suisse, déjà +2°C ?

La température moyenne en Suisse a déjà dépassé 1,5°C au début du 21e siècle, avec un réchauffement moyen de 2,5°C entre 2013 et 2022, près du double de la moyenne mondiale.

Le climat suisse est influencé par les Alpes et l’Atlantique, avec une forte distinction des quatre saisons. Les caractéristiques climatiques sont décrites à partir de données moyennes à long terme, de fluctuations et d’extrêmes. MétéoSuisse gère un réseau de mesures climatiques continu depuis 1864, garantissant la qualité des données pour l’observation et l’analyse climatique en Suisse.

Température annuelle (en °C) pour la période 1991-2020 ©MeteoSwiss

Les rapports mensuels et annuels fournissent des informations régulières sur le climat, basées sur les données de 1991-2020 conformément aux directives de l’OMM. Les archives météorologiques suisses contiennent des rapports annuels depuis le début des mesures, permettant une analyse détaillée du climat actuel.

En 2024, la moyenne climatique actuelle dépasse de 2,8 °C celle de la période préindustrielle 1871-1900. Sur la dernière décennie (2014-2023), cette augmentation est de 2,7 °C. Chaque décennie depuis les années 1960 a été plus chaude que la précédente, et les huit années les plus chaudes ont été enregistrées après 2010.

Les années 2022 et 2023 ont été particulièrement chaudes, avec un écart de 3,5 °C par rapport à la période préindustrielle. En comparaison, les quatre années les plus froides en Suisse datent d’avant 1900. Le réchauffement en Suisse est depuis longtemps deux fois plus important que la moyenne mondiale.

Deux principaux effets expliquent la différence entre le réchauffement moyen mondial et celui observé en Suisse. Premièrement, le réchauffement sur terre est plus important que sur les océans, car les masses terrestres ont du mal à stocker la chaleur, conduisant à une augmentation plus importante de la température de l’air. En revanche, les océans absorbent une grande partie de la chaleur supplémentaire et la dirigent vers des couches plus profondes, limitant ainsi le réchauffement de l’air au-dessus des mers. Deuxièmement, le réchauffement dans l’hémisphère Nord augmente en direction du pôle, en raison de la diminution de la couverture de neige et de glace qui entraîne une absorption accrue du rayonnement solaire, ainsi que d’un transport de chaleur accru vers le pôle. Ces effets se répercutent également sur la Suisse en tant que partie des latitudes nordiques, contribuant ainsi à son réchauffement.

Un réchauffement global (mondial) de 1,5°C correspondrait à environ +3°C en Suisse.

La température mondiale a dépassé la barre critique de 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle sur une période de douze mois consécutifs, avec une augmentation de 1,52°C entre février 2023 et janvier 2024, selon Copernicus.

Cette hausse est due aux émissions de gaz à effet de serre humaines et au phénomène cyclique El Niño, affectant également la Suisse, déjà touchée par des températures en hausse.

L’Accord de Paris, signé en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, avec un objectif maximal de 1,5°C. Cette limite a été abaissée en 2015 en raison des risques importants associés à un réchauffement supérieur, selon le GIEC.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre est crucial pour maintenir l’objectif de 1,5°C, avec une réduction de 43% d’ici 2030 selon le GIEC.

Intempéries et dégâts

La Suisse subit déjà de graves impacts du changement climatique, avec des étés chauds et secs, la fonte des glaciers et des hivers moins enneigés.

Le dérèglement climatique entraîne des événements météorologiques extrêmes plus fréquents, comme les canicules et les tempêtes, avec des conséquences tangibles sur la vie quotidienne, telles que l’augmentation de la mortalité lors des vagues de chaleur et des perturbations dans l’approvisionnement alimentaire.

Changements importants du climat en Suisse basés sur des données d’observation. (©OFEV/MétéoSuisse (2020), mises à jour et adaptées)

Les experts prévoient une intensification de ces phénomènes, car le pays ne bénéficie pas de l’effet refroidissant des océans et est soumis à des latitudes moyennes.

 

Dommages naturels

La base de données de l’OFEV, financée par l’Office fédéral de l’environnement, recense les dommages naturels tels que les crues, les laves torrentielles et les glissements de terrain. Elle exclut les dommages dus aux avalanches, tremblements de terre, éclairs et autres événements.

Depuis 1972, les dommages corrigés de l’inflation totalisent plus de 15 milliards de francs suisses, principalement causés par quelques intempéries majeures, dont la tempête d’août 2005. La répartition spatiale des dommages est illustrée dans leur carte interactive couvrant la période de 1972 à 2023.

Source : www.wsl.ch

Sources et références