jeudi , 25 juillet 2024

L’été 2024 anormalement chaud ?

Dernière modification le 14-3-2024 à 16:04:03

Copernicus prévoit un été 2024 brûlant

Copernicus prévoit un été 2024 brûlant, succédant à une année record de chaleur en 2023. Plus de la moitié du monde est en alerte rouge pour des températures anormalement élevées. Les prévisions sont en ligne avec la fin prévue de El Niño, aggravant le réchauffement climatique.

Anormalement… (?)

Il semble que l’adjectif « anormalement » ait perdu de son impact face à la répétition des événements météorologiques extrêmes. Le dérèglement climatique induit une tendance constante vers des températures plus élevées, et ce qui était autrefois considéré comme anormal devient la nouvelle norme. Cette réalité souligne l’urgence d’agir face au changement climatique, car les tendances actuelles ne semblent pas s’améliorer. Les prévisions continuent de pointer vers des étés plus chauds, des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et des impacts environnementaux plus graves. Il est impératif de prendre des mesures significatives pour atténuer les effets du dérèglement climatique et protéger notre planète pour les générations futures.

Que font nos gouvernements et nos politiques face au dérèglement climatique ?

Malheureusement, leurs actions ne sont pas à la hauteur des défis que pose le dérèglement climatique. Bien que certains progrès aient été réalisés dans la sensibilisation à cette question, placer le climat comme une priorité absolue reste un défi non appliqué à ce jour.

Les politiques peinent à prendre des mesures suffisamment audacieuses pour atténuer les effets du changement climatique. Cette inaction aura des répercussions majeures sur la société civile, l’agriculture et finalement sur toutes nos activités. Il est impératif que nos gouvernements prennent des mesures plus décisives et immédiates pour lutter contre le dérèglement climatique et garantir un avenir viable pour toutes et tous.

Il est devenu évident que nos systèmes gouvernementaux actuels ne sont pas en mesure de résoudre efficacement le problème du changement climatique. Ce constat appelle à un changement systémique radical, mettant en avant et même imposant une sobriété intelligente et stimulante.

Nous réalisons aujourd’hui que ni la seule technologie ni la transition vers les énergies renouvelables ne sont suffisantes pour apporter les changements nécessaires à temps. Les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter malgré ces efforts, soulignant l’urgence d’une approche plus profonde et plus audacieuse pour réduire notre impact sur le climat.

La Suisse baisse ses émissions de CO2 ?

La Suisse importe davantage de CO2 par le biais de biens et services étrangers que ce qu’elle produit sur son propre territoire, soulignant ainsi l’importance de considérer les émissions externalisées (2/3) dans l’évaluation de son empreinte carbone globale. Bien que les émissions locales aient diminué, cela ne reflète pas l’ensemble des émissions réelles du pays. Pour une politique climatique efficace, il est crucial d’adopter une approche holistique, encourageant la sobriété pour ce qui concerne, par exemple, la consommation de bien importés, les voyages en avion. Il est également nécessaire de collaborer avec d’autres pays pour réduire les émissions tout au long de la chaîne de valeur (détails).

Le réchauffement perdurera tant que les émissions de GES se poursuivront

Le réchauffement climatique persiste tant que les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent. Certains soulignent également l’impact d’El Niño. Copernicus indique que les anomalies liées à El Niño sont actuellement moins prononcées qu’en 2015. Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus, rappelle que tant que les concentrations de gaz à effet de serre augmentent, le réchauffement continuera inévitablement.
Le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint un record sans précédent en 2023, mesuré à 424 parties par million (ppm), soit une augmentation de 3,00 ppm par rapport à 2022. Ces données confirment de manière convaincante que le changement climatique continue d’avoir des conséquences mondiales sans signe de ralentissement.
Cette concentration de CO2 est la plus élevée depuis au moins un million d’années, selon les données paléoclimatiques de la NOAA. Avant l’ère industrielle, le taux de CO2 était d’environ 280 ppm pendant plus de 6000 ans. En seulement deux siècles, l’humanité a injecté environ 1,5 milliard de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, avec une durée de vie de plusieurs centaines d’années.
La dernière fois que le CO2 a été aussi élevé, c’était il y a plus de 4 millions d’années, pendant l’Optimum climatique du Pliocène, où le niveau de la mer était beaucoup plus élevé. Avec les émissions de gaz à effet de serre en augmentation, la concentration de CO2 continuera d’augmenter, contribuant ainsi au réchauffement climatique pour les années à venir.

Quelles incertitudes entourent le niveau de réchauffement de 2024 ?

Les doutes concernant le classement final de 2024 parmi les années les plus chaudes sont liés à la durée de l’impact résiduel de l’événement climatique réchauffant El Niño, ainsi qu’à l’arrivée précise de son opposé froid, La Niña.

2m Temperature Anomaly – SEAS5

Ces tableau présentes des informations de probabilité concernant les anomalies saisonnières des températures ECMWF (SEAS5).

Monde

Europe

Références

  • 2m Temperature Anomaly – SEAS5  (copernic) : Des chercheurs ont analysé la possibilité de la pire vague de chaleur sur une période de 15 jours en région parisienne pendant les JO (26 juillet-11 août). L’étude, dirigée par Pascal Yiou du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), a été motivée par la canicule de 2003, qui a surpris tout le monde par son ampleur et son caractère inattendu.
  • CO2 2023
  • RTS 12 janvier 2024 : Un rapport de l’OMM publié en novembre a révélé que les concentrations des trois principaux gaz qui piègent la chaleur dans l’atmosphère – le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote – avaient continué d’augmenter en 2023 après les niveaux record de 2022.
  • Berkeley Earth : À l’échelle mondiale, janvier 2024 a été le mois de janvier le plus chaud depuis le début des relevés instrumentaux directement mesurés en 1850, battant le record précédemment établi en janvier 2016. Ce mois de janvier a dépassé le record précédent de 0,05 °C (0,09 °F), soit une marge modeste.
  • Berkeley Earth rapport 2023 : Le seuil que les nations signataires de l’Accord de Paris ne voulaient pas dépasser a-t-il été franchi ? Oui, d’après Berkeley Earth, une organisation scientifique réputée. Le réchauffement a atteint +1,54 °C par rapport aux niveaux préindustriels (avec une marge d’erreur de 0,06 °C), selon Berkeley Earth. Copernicus ECMWF, l’organisme européen de surveillance du climat, a annoncé +1,48 °C quelques jours auparavant, tandis que la NOAA a indiqué +1,35 °C.
  • RTS, c’est quoi El Niño : Le monde doit se préparer au retour du courant marin El Niño, avec comme effet une augmentation des températures, voire des records de chaleur d’ici 2024, selon l’ONU.
  • Dioxyde de carbone atmosphérique en 2022, Climat .gov : Selon le rapport annuel du Global Monitoring Lab de la NOAA , la moyenne mondiale du dioxyde de carbone atmosphérique était de 417,06 parties par million (« ppm » en abrégé) en 2022, établissant un nouveau record.
  • RTS, Niveau record des émissions mondiales de CO2 en 2023 : Ces émissions, qui représentent de l’ordre de 90% du CO2 émis par les humains, ont ainsi augmenté de 410 millions de tonnes pour atteindre 37,4 milliards de tonnes l’an dernier, selon ce bilan de référence de l’AIE. La tendance apparaît toutefois moins mauvaise que l’année précédente, puisque les émissions avaient augmenté de 490 millions de tonnes en 2022.

 

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