jeudi , 18 août 2022
Hector, tout nettoyé, dont les roulements de direction usés seront prochainement remplacés.

Un vélo

Dernière modification le 4-8-2022 à 17:33:53

Le podcast

Temps de lecture 5:34 minutes

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Par Laurent Génial

Aujourd’hui je suis allé chercher un vélo. Son ancien propriétaire étant fermier, il m’avait dit de passer dans la journée, car il ne serait de toute façon pas loin, pratique ! Vers dix heures donc, et après avoir nettoyé le poulailler et fait l’entretient hebdomadaire des plants de tomates, j’ai fourré dans mon sac à dos une gourde, le nécessaire de réparation qui ne me quitte jamais lorsque je fais du vélo, mon casque et les deux cent vingt francs du solde me restant à payer. En effet, j’avais pu essayer ce vélo une semaine auparavant en allant travailler, et c’est très satisfait que j’avais alors avancé un premier billet de cent francs contre la promesse de venir le chercher à mon retour la semaine suivante.

Car oui, lorsque je me déplace pour travailler, en l’occurrence avancer sur une installation de chauffage solaire thermique, pas ces panneaux déchets high-tech photovoltaïques produits au charbon chinois avec leur gros vingt pour cent de rendement asthmatique et dont le bilan carbone fait pleurer les véritables écologistes, non ! Je parle ici de panneaux thermiques ! Qui font chauffer de l’eau et fonctionneront encore, eux, dans cinq siècles (vous avez bien lu) comme au premier jour et sont capable, eux encore, de capturer huitante pour cent de l’énergie solaire ! Mais c’est un autre sujet. Bref, lorsque je me déplace à plusieurs dizaines de kilomètres pour travailler, je reste en général sur place environ une semaine.

Après avoir scruté les petites annonces, j’avais donc contacté le rédacteur de celle-ci et convenu d’un essai lors de mon trajet aller qui passait à cent pas de chez lui. J’avais bien rechargé la batterie de mon vélo, attelé ma petite remorque (quel plaisir de rouler le dos libre !) et chargé cette dernière avec mon sac à dos, ma visseuse dont j’allais avoir besoin pour travailler, et mon sac de voyage. Là vous ne comprenez plus rien et c’est normal, car j’ai jusqu’ici frauduleusement laissé croire que je n’avais pas de vélo, mais c’est faux (mes excuses pour cette lâche filouterie que vous excuserez peut-être par la suite).

J’ai donc un premier vélo, appelons le Gérard, offert il y a quinze ans par mon papa pour aller étudier, et désormais équipé d’un petit kit lui adjoignant une assistance électrique justifiée. Et je convoitais donc un second vélo (appelons-le Hector, car après la lettre G de Gérard, le premier vélo, il y a la lettre H de Hector, le second, logique) chez ce sympathique cyclofermier. Là vous vous dite que je roule dans le luxe, car, en effet, deux vélos, quel toupet ! Mais il faut savoir que je vis à la campagne, à 40 km de la première gare d’intérêt, et que, courageux tel la fourmi parcourant inlassablement ma façade à la recherche d’un improbable passage vers un buffet miraculeux, je viens de vendre la voiture (vous trouverez une vidéo témoin ici) ! Il me fallait donc une nouvelle solution me permettant de me déplacer rapidement avec mes visiteur·euse·s, d’où Hector, le second vélo. Vous y voyez plus clair ? Tant mieux ! Une vieille voiture contre un second vélo et un joli pécule, quelle affaire !

Bref, je saluais Kaya et Stacey (le chat et la poule m’ayant adopté) et enfourchais donc Gérard suivi de Sylvie* (la remorque, les bagages n’ont eux pas de nom, car ce sont des bagages), me réjouissant du sain et plaisant effort découlant des quarante kilomètres horizontaux et quatre cent soixante mètres de dénivelé positif de ce trajet coutumier entre campagne luxuriante et forêt rafraîchissante, interrompu cette fois peu avant sa moitié par l’essai concluant de ce qui allait prochainement être Hector.

Aujourd’hui donc, lendemain du retour de ma semaine de travail, j’avais prévu de faire de l’autostop jusqu’au domicile d’Hector et de son bientôt ex-propriétaire. Je suis donc parti à pieds, sachant par expérience qu’il y avait peu de chance d’être pris avant le village suivant, quatre kilomètres plus loin, au trafic et peut-être à l’ouverture d’esprit plus importants. C’est donc effectivement après une petite heure de marche sous un soleil de réchauffement climatique qu’un sympathique grand-papa, cycliste de huitante ans passés et à l’avant-garde du vélo électrique (il en possède plusieurs, dont un depuis plus de dix ans), m’a chaleureusement ouvert sa portière. Après un fort agréable voyage à quatre roues, mais dont la discussion n’en traitait que de la moitié, je me suis donc emparé d’Hector qui, après un gonflage adéquat des pneus, m’a littéralement propulsé jusque chez moi grâce à ses 3 plateaux, 8 vitesses, et surtout à son guidon de type « cintre route », mon premier, procurant un aérodynamisme bluffant. Rien n’étant parfait je notais néanmoins des bruits suspects indiquant ce qui s’avérera plus tard être des roulements de direction en fin de vie, heureusement remplaçables pour une vingtaine de francs (un vélo, ça dure une vie, au moins ! C’est la croissance économique qui se mord les doigts, mais c’est un autre sujet). Je passais ensuite l’après-midi à nettoyer méticuleusement et démonter partiellement Hector, avant de l’enjamber une nouvelle fois un peu plus tard avec un nouveau grand sourire pour aller faire des courses.

Ne manquez pas la suite, très bientôt, d’un futur heureux et durable ! :D

Note : commander des roulements de direction en 41,8×30,5×8

*Certains prénoms sont d’emprunt, d’autres n’ont jamais existé avant la rédaction de ce texte. Qu’importe tant que cela prête à sourire, n’est-ce pas ?

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