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15 – « Il n’y a pas de nouvelles terres », avertit la FAO

Dernière modification le 22-12-2021 à 17:09:58

Le Monde, 10 décembre 2021. « Alerte sur la dégradation des terres et de l’eau », Planète, p.7.

Dans un rapport daté de 2019, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) mettait, à l’intention des décideurs, l’accent sur les inévitables conséquences de l’exploitation intensive des ressources naturelles de notre planète telle qu’à présent pratiquée. À savoir : outre une plus que probable impuissance à juguler le réchauffement climatique, l’impossibilité d’assumer nos conditions de vie et de subsistance. Un peu moins de deux ans plus tard, l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) sonne carrément l’alarme, relativement à l’état des ressources en terres et en eau – cela alors même que, d’ici 2050, le niveau de production alimentaire se devrait de progresser de près de 50% pour répondre à la demande mondiale d’une population estimée à 9,7 milliards d’habitants à cet horizon.

1 – Les sols. Poussés qu’ils sont à la limite de leurs capacités de production, la FAO estime qu’un tiers d’entre eux sont modérément à fortement dégradés à force de surexploitation, de mauvais usage, de pollution et de croissante raréfaction. Selon ce même rapport, avec un peu plus de 41% de sa superficie concernée (hors zones désertiques) l’Asie du Sud s’avère être la plus touchée par cette dégradation liée aux activités humaines. Reste qu’en prenant en compte la répartition géographique, l’Afrique subsaharienne abrite à elle seule le cinquième des terres dégradées, l’Amérique du Sud suivant avec 17% de ses terres.

2 – L’eau. Compte tenu des actuels schémas d’intensification de l’agriculture, sa situation n’est en rien plus rassurante, le 10% des capacités provenant des cours d’eau et des aquifères se voyant prélevé – pour l’irrigation principalement. D’où, par la bande : érosion massive et salinisation des terres. Sans compter les effets pervers liés à l’usage intensif de plastiques, d’intrants chimiques et d’engrais ! Or là encore, l’accès aux ressources s’avère puissamment inégalitaire ; ce que la FAO ne manque pas de mentionner, insistant sur le fait que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 77% des petites exploitations sont situées dans des régions ou l’eau est rare, et que moins d’un tiers d’entre elles ont accès à l’irrigation. Mathilde Gérard : « En Afrique subsaharienne par exemple, les disponibilités en eau par habitant ont diminué de 40% au cours de la dernière décennie et la superficie agricole est passée de 0,80 à 0,64 hectare par habitant entre 2000 et 2017 ».

Alors que les grosses exploitations se taillent la part du lion, que plus de la moitié de la superficie agricole est occupée par des exploitations de plus de 500 hectares (les petites structures représentant 84% des exploitations, mais seulement 12% de la surface agricole mondiale) ; alors, aussi, note Caroline Lejars, que « depuis vingt ans, la demande en eau augmente deux fois plus vite que la population mondiale » – un phénomène lié à l’urbanisation et aux changements de régime alimentaire dans une grande partie du monde, où la consommation de viande est en forte croissance –, comment inverser la tendance ? Comment pousser à affecter les terres agricoles de façon plus équitable ?

La FAO, qui juge urgentissime de recourir à des pratiques agricoles plus durables et mieux coordonnées, tenant en outre compte de l’ensemble des besoins des populations, plaide puissamment pour « des “infrastructures vertes”, comme les plaines d’inondation, par rapport à la construction de digues, car elles permettent d’écouler l’eau lors de fortes crues, en favorisant la biodiversité et la qualité de l’eau ». À la clé : notre capacité à nourrir cette population mondiale croissante sans pour autant épuiser les ressources de la planète. Ce alors que, depuis 2010, 128 millions d’hectares de surface agricole ont été perdus. Un gâchis estimé à 7,6 millions de tonnes de production céréalière causé par l’érosion des sols.

 

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