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30 – Vous reprendrez bien une cerise aux pesticides ! (et autres faits saillants de la semaine).

Dernière modification le 1-6-2022 à 15:25:00

Le Monde, 25 mai 2022. « Pesticides : de plus en plus de fruits contaminés », Planète, p. 9

L’usage des pesticides (et en particulier des plus toxiques) annoncé en recul ? On se demande dans quel tonneau la Commission européenne et des États est allée puiser cette bonne nouvelle qu’une récente étude publiée par l’ONG Pesticide Action Network Europe (PAN EU) vient pourtant contredire d’une manière cinglante. Appelés à la barre : les fruits ! – prélevés par milliers dans chaque État membre de PAN. Songez plutôt : une cerise sur deux contaminée par des résidus de pesticides classés parmi les plus dangereux pour la santé. Idem pour la moitié des pêches et poires. Idem encore pour un tiers des pommes… De quoi faire écrire à Stéphane Mandard : « Au total, près d’un tiers (29%) des fruits produits en Europe sont contaminés. Des taux qui ont explosé au cours de la dernière décennie : +53% en moyenne entre 2011 et 2019, jusqu’à +152% pour les cerises et même +397% pour les kiwis, qui détiennent le record ».

D’entre les fruits les plus contaminés, les mûres viennent en tête (51% des échantillons), suivies des pêches (45%), des fraises (38%), des cerises (35 %) et des abricots (35%). Quant au palmarès des pays européens producteurs de fruits contaminés, le voici : Belgique (56% d’échantillons détectés entre 2011 et 2019). Pays-Bas (49%). Allemagne (39%). France (34%).

Complément : Le Monde, 24.05.2022 Les résidus de pesticides pourraient annuler le bénéfice sanitaire des fruits et légumes

Outre ce fait qui nous contraint à désormais jeter à nos fruits alléchants des regards fatalement suspicieux :

– 16 mai. Dans une France menacée par la sécheresse, le déficit de pluie des derniers mois fait redouter de médiocres récoltes céréalières. Or les agriculteurs ne sont pas seuls à passer des jours sombres, songeant à leurs semis de blé, d’orge ou de maïs (tandis que corbeaux et pigeons trouvent leur compte dans les jeunes plants qui tardent à lever !). Les éleveurs aussi font grise mine, pensant au fourrage nécessaire à entretenir leurs cheptels : « La pousse de l’herbe avait bien débuté et nous préférons couper avant qu’elle ne s’abîme, mais nous avons besoin d’une seconde récolte et il faut de l’eau pour la repousse ». Article Le Monde.

– 17 mai. Alors que scientifiques et grandes organisations internationales insistent sur la nécessité de sortir du charbon, du pétrole et du gaz, la revue Energy Policy fait le compte des 425 « bombes climatiques » en opération ou encore à l’état de projets – « bombes » réparties dans 48 pays. En Chine. En Russie. Aux États-Unis. En Iran. En Iraq. En Arabie saoudite. En Australie. En Inde. Au Qatar. Au Canada… En l’occurrence, il s’agit de 195 projets pétroliers et gaziers et de 230 mines de charbon capables d’émettre chacun plus d’une gigatonne de CO2. De quoi, lit-on dans l’édition du 11 mai de The Guardian, faire que « les projets pétroliers et gaziers qui seront lancés au cours des sept prochaines années pourraient produire à terme 192 milliards de barils, soit l’équivalent d’une décennie des émissions actuelles de la Chine, premier pollueur mondial ». Article Le Monde.

– 18 mai. L’agenda hélas fourni de cette nouvelle semaine me contraint à passer rapidement sur le fait qu’aux Antilles, les algues brunâtres qui viennent s’échouer se chargent d’en défigurer les côtes et de multiplier les nuisances – ammoniac et hydrogène sulfuré ayant don de fortement incommoder les riverains et d’empêcher les tortues de pondre tout en accélérant la corrosion des surfaces métalliques, de la robinetterie et des appareils électriques. Les causes précises du fléau ? Elles sont encore mal comprises. Article Le Monde.

– 19 mai. 9 millions de décès annuels dus à l’exposition à des substances toxiques disséminées dans l’air, l’eau ou les sols contaminés : telle est l’estimation fondée sur l’analyse des données du Global Burden of Disease, un programme international de recherche en épidémiologie piloté par l’Institute for Health Metrics and Evaluation auquel collaborent quelque 7000 chercheurs.  Or si aucune région du monde n’est épargnée par ce fléau numéro un en termes de maladies et de décès prématurés, ce ne sont pas moins les pays les plus pauvres qui paient le plus lourd tribut… plus de 90% des décès étant concentrés dans des pays à revenus faibles et moyens. Article Le Monde.

– 23 mai. En Côte d’Ivoire, ajoutant un peu plus aux maux qu’endure le Vivant sous l’assaut des trépans de toutes sortes propres à faire juter le dollar, l’euro, le rouble ou autres monnaies encore, des milliers d’exploitants clandestins déciment férocement la forêt en sorte de lui substituer de prometteuses cultures d’un cacao qu’on revendra ensuite à des coopératives locales. Certes, l’État ivoirien assure veiller au grain, et tels d’entre ses agents font ce qu’ils peuvent ; mais allez donc dissuader certains autres de renoncer à un revenu facile… quitte à fermer les yeux. Ainsi, dans un pays qui, en un demi-siècle, a perdu près de 90% de ses surfaces boisées – et tandis que toujours plus de villageois s’emploient, sous l’impulsion de l’association Sauvons la forêt de Bossématié, à détruire chaque plant de cacaoyers trouvé sur leur passage –, voit-on des éléphants que désoriente la métamorphose de leur habitat détruire les plantations et manger les cabosses de cacao. Article Le Monde.

 

 

 

 

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