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33 – Du rapide déclin de la fertilité masculine lié à l’usage des plastiques – et d’autres faits peu réjouissants

Dernière modification le 24-6-2022 à 16:57:29

Le Monde, 6 juin, « Planète », p. 8. 8 juin, « Planète », p. 13. 10 juin, « Planète », pp. 6-7. 11 juin, « Planète », pp.8-9. 12 juin, « Planète », p. 6. 14 juin, « Planète », p. 20. 15 juin, « Planète », p. 13. 19 juin, « Planète », pp. 8-9.

Décidément, les deux nouvelles semaines qui viennent de s’écouler ne sont pas de nature à nous laisser penser que l’état de santé de notre Terre – lequel état, faut-il le souligner, conditionne notre propre santé – est disposé à nous offrir des signes plus encourageants. Et comment donc le pourrait-il ? Voyons plutôt :

6 juin

Les résultats de travaux réalisés par une équipe de chercheurs allemands de l’université de Constance et de l’Institut Max-Planck démontrent que l’usage du glyphosate ne fait pas que porter sur la sécurité sanitaire des travailleurs agricoles et des consommateurs. Elle affecte également la capacité des bourdons à réguler la température de leur nid – donc leur reproduction ;

8 juin

En Petite Camargue, les viticulteurs alertent sur la mortalité de leurs vignes rongées par le sel. Pareil excès de salinité s’expliquerait à la fois par la hausse des températures, la multiplication des sécheresses et la désertification rurale. Également en jeu : le sort de la cistude d’Europe, une tortue qui évolue dans les zones humides et apprécie cet écosystème ;

10 juin

Si les députés du Parlement européen ont pour finir réussi à se mettre d’accord pour acter la fin des voitures thermiques – donc un basculement vers l’électrique – en 2035, leur rejet de la réforme du marché du carbone, jugée trop ambitieuse pour l’extrême droite, mais pas assez pour la gauche et les écologistes, ­laisse augurer de nouveaux et pénibles débats. Et surtout : une formidable perte de temps lorsqu’il s’agit d’une course contre la montre ;

11 juin

Suite à l’annonce relative au basculement vers l’électrique de l’industrie automobile, l’Agence internationale de l’énergie estime qu’une trajectoire permettant d’atteindre « zéro émission nette » de CO2 d’ici 2050 nécessitera de consommer six fois plus de minéraux en 2040 qu’aujourd’hui. D’où, entre autres conséquences : le formidable rush sur le lithium, les terres rares et le cuivre dont l’Union européenne va plus que jamais avoir besoin. De quoi, partout où ces ressources se présentent, engendrer la colère des populations locales confrontées à une pollution aux métaux lourds ;

12 juin

À leur tour, des chercheurs britanniques et danois viennent de mettre en évidence, par la publication de leurs travaux dans la revue Environment International, le lien existant entre les plastiques et le rapide déclin de la fertilité masculine. Plus précisément, leur équipe est parvenue à hiérarchiser, parmi les substances les plus suspectées de nuire à la qualité du sperme humain, les plus déterminantes dans le déclin actuel. Si donc les plastiques tiennent – et de loin ! – le haut du pavé, le bisphénol A et ses succédanés pèsent énormément. De même les dioxines polychlorées et autres plastifiants, certains parabènes et même le paracétamol. Selon les estimations des chercheurs, « le niveau médian d’exposition combiné de la population générale à ces produits est environ vingt fois supérieur au seuil de risque » ;

14 juin

Au Sri Lanka, consécutive à la décision de Gotabaya Rajapsaksa, le président de la république, d’interdire – sans calendrier ni méthode – l’usage d’engrais et de pesticides chimiques afin de faire de la nation insulaire le premier pays au monde à pratiquer une agriculture exclusivement biologique, l’utilisation des seuls biofertilisants locaux a viré au fiasco. De ce fait le pays, que l’on sait avoir été autosuffisant, est désormais menacé par l’insécurité alimentaire et doit importer ;

15 juin

Après l’Espagne, l’axe d’air chaud qui remonte d’Afrique du Nord investit la France. D’où un vaste épisode de canicule. Or les projections climatiques de météo France montrent que le nombre de jours de vagues de chaleur est destiné à augmenter de façon substantielle, quelle que soit la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre. Toujours plus fréquemment relié par les scientifiques au réchauffement climatique, ce nombre de jours « sera multiplié par deux à la fin du siècle dans le scénario le plus optimiste (de forte réduction), par trois à quatre dans le scénario intermédiaire (de baisse différée) et par cinq à dix dans le scénario le plus pessimiste (de fortes émissions). De quoi, deux jours plus tard, faire sortir de sa réserve la géographe Magali Regherra-Zitt, dénonçant un sérieux manque de préparation de la France devant les effets du réchauffement climatique. Pendant ce temps, près de 100 millions d’Américains vivent en alerte canicule ;

19 juin

Alors qu’en France toujours, l’irrigation absorbe 48% de l’eau consommée et que les vagues de chaleur se multiplient, comment l’agriculture va-t-elle pouvoir s’adapter au réchauffement ? La question se pose aux agriculteurs de manière d’autant plus lancinante que le taux des cultures de blé jugées bonnes ou très bonnes atteint à présent 65% contre 81% à la même période de 2021. Concernant l’orge, on est passé de 63% à 76% un an plus tôt. Pendant ce temps, à Bonn – et cependant qu’en Inde et au Pakistan les températures atteignaient les 51oC, les pourparlers climatiques préparatoires à la COP27 n’ont débouché sur aucune avancée notable.

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