mardi , 20 janvier 2026

Le climat change plus vite que prévu

Interview Martine Rebetez, juin 2022

Transcription complète

C’est le premier jour de l’été aujourd’hui, mais on a l’impression qu’il avait pris de l’avance cette année, vu les fortes chaleurs qu’on subira encore jusqu’à ce soir, ça devrait redescendre un peu. Ensuite, des records de température ont été battus il y a encore quelques années.

On s’attendait à de tels phénomènes plutôt aux alentours de 2050.

Pluies torrentielles, vagues de chaleur, montée des eaux, feux de forêt se multiplient à travers le monde.

Presque chaque semaine, une étude nous dit que ces phénomènes extrêmes annoncés pour la deuxième partie du siècle vont finalement devenir réalité bientôt.

Bonjour, Martine Rebetez, vous êtes climatologues. Professeur à l’université de Neuchâtel, membre de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage.

Est-ce qu’un climat plus extrême dans son intensité, dans la fréquence des événements peuvent devenir la norme plus vite que prévu ?

Oui, si vous voulez le problème, enfin, ce qui détermine le moment où certaines températures vont survenir, c’est les quantités de gaz à effet de serre qui se trouvent dans l’atmosphère. Et ce qui s’est passé, c’est qu’entre 1990, où on a commencé à prendre des résolutions pour réduire ces émissions qui s’accumulent dans l’atmosphère chaque année un peu plus, on a énormément augmenté, chaque année, les quantités que les sociétés humaines émettent au lieu de les réduire.

Ce qui était attendu, c’est qu’on les réduise le plus possible, éventuellement le scénario le pire, c’était qu’on en reste aux quantités de 1990, c’est-à-dire 38 Gigas tonnes de CO2 chaque année rajouter dans l’atmosphère, émises en direction de l’atmosphère et puis on en est aujourd’hui plutôt à 60 et plus que 60.

Donc ce n’est pas que les modèles étaient faux, c’est qu’il ne prévoyait pas qu’on enverrait autant de CO2 dans l’atmosphère ?

Voilà, ce sont les différents scénarios qui étaient convenus, c’était, on va réduire un peu plus tôt, un peu plus tard des quantités plus importantes, moins importantes, ces scénarios sont restés les mêmes pour pouvoir continuer à travailler. Le pire des scénarios, c’est celui qu’on a appelé « business as usual », c’est-à-dire, on ne fait rien, mais en réalité, on n’a pas rien fait, on a fait pire et de pire, en pire.

Est-ce que maintenant on a ajusté ces modèles pour les prévisions des années ou des décennies à venir ?

Oui tous les cinq à sept ans les modèles sont réajustés par rapport aux quantités d’aujourd’hui, du jour, mais toujours dans l’idée de dire, « au pire on ne va pas réduire ».  Et finalement, parce que ce sont des décisions, ce sont les engagements qui sont pris par les pays. C’était l’engagement de Kyoto sur la base de 1990 qui n’a pas été tenue. C’était l’engagement de Paris qui n’a pas été tenu non plus. Donc à chaque fois on a des engagements qui disent « on va réduire, on va réduire » et en réalité on ne fait qu’augmenter.

Ce n’est pas seulement qu’on augmente chaque année les quantités qui sont émises. Il faut voir les gaz à effet de serre comme un total qui se trouvent dans l’atmosphère. Donc, on en accumule chaque année encore davantage. C’est comme si on accélère encore le processus.

Mais est-ce que les mesures politiques qui sont prises face à l’urgence climatique n’ont pas toujours un train de retard lorsqu’elles se basent sur des modèles qui sont déjà trop vieux ou déjà dépassés ?

Alors les modèles sont vraiment avérés juste, ce sont des scénarios.

Les engagements politiques, c’est une chose, mais le principal problème qu’on a aujourd’hui, c’est que tous les intérêts qui se trouvent dans les énergies fossiles, tous les intérêts à continuer à extraire ces énergies fossiles, ses intérêts financiers. Il y a énormément d’acteurs, ce sont des filières qui sont très larges et qui rapportent à beaucoup de milieux. Et évidemment, c’est une manne que ces milieux-là ne veulent pas perdre. Donc tout toutes les actions sont entreprises pour empêcher qu’on se tourne vers les énergies renouvelables, comme on espère le faire depuis trente ans.

Le processus se fait, c’est en train de s’engager. Mais le but avoué des pétroliers entre autres, c’était de retarder le processus au maximum, en semant le doute, non seulement sur l’importance des changements climatiques, mais aussi sur l’intérêt des actions. Et c’est ce que l’on continue à voir aujourd’hui, empêcher que ces actions prennent.

Et il y a toute la question de l’attribution. Est-ce qu’on a fait plus de progrès ? Je lisais dans Le Monde la semaine dernière un article qui nous disait qu’on a beaucoup progressé dans l’attribution des événements météorologiques spécifique au réchauffement climatique. Donc maintenant, on est capable de dire que tel événement est lié à ce phénomène plus global ?

Voilà, il y a encore vingt ans, on disait que certes, on prévoyait une augmentation typiquement des canicules, c’était quelque chose qui allait augmenter. Mais on ne pouvait pas dire si une canicule spécifique serait survenue auparavant ou pas. Et depuis la canicule de 2003 qui avait vraiment frappé les esprits dans notre pays et en Europe, c’est quelque chose qu’on a réussi à attribuer dans le sens où on a pu montrer que c’est un événement qui ne serait pas survenu si on n’avait pas eu autant de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Et aujourd’hui, la différence est telle par rapport à la situation qu’on avait avant ses émissions de gaz à effet de serre, que les événements extrêmes, pour la plupart, peuvent facilement être attribués sans aucun doute au changement climatique.

Alors en Suisse aussi le climat change plus vite que prévu. Est-ce que la Suisse va changer aussi plus vite que prévu ? Est-ce qu’on doit s’attendre à ce que le pays change dans sa physionomie, dans ce qui s’y passe ?

Oui, oui, elle est déjà en train de changer. Elles changent plus vite que prévu, comme partout ailleurs. Ce qui est bien visible, c’est les glaciers qui reculent beaucoup plus vite que ce qui était prévu et tout ce qui était imaginable. Les températures qui augmentent, ces canicules qu’on voit aujourd’hui, qui ne surviennent pas chaque année, en 2021 on avait cette variabilité typique de nos latitudes, c’était autre chose. Mais on a quand même eu, des situations de sécheresse et de canicule, beaucoup, beaucoup plus fréquemment, beaucoup moins de neige, la pluie à plus haute altitude en plein hiver. Donc tous ces phénomènes-là sont en train de se renforcer. La vitesse s’accélère.

On parlait hier sur cette antenne toute la journée de la société tout électrique, l’avènement du tout électrique. On aura besoin d’eau dans les barrages en Suisse pour ça, est-ce que dans dix, quinze, vingt ans, il y en aura encore ?

Oui, dans les barrages on a la fonte des glaciers qui ajoute une partie de l’eau qui peut être récoltée. On continuera à avoir des précipitations, que ce soit sous forme de pluie ou sous forme de neige. On n’aura, juste, pas la part de fonte des glaciers, mais elle est mineure dans l’approvisionnement des glaciers. Ce qui va beaucoup changer, c’est la saisonnalité, parce que la fonte de la neige se produit de plus en plus tôt. Et d’autant plus si on n’a pas la partie glaciers, ce sera beaucoup plus tôt dans l’été qu’on aura le maximum d’approvisionnement en eau.

Ce n’est pas tellement la question du manque d’eau dans l’absolu, mais vraiment de la gestion. Les barrages sont appelés à jouer des rôles qui vont être de plus en plus importants, pas seulement fournir de l’électricité, mais aussi réguler les quantités d’eau puisqu’aujourd’hui on parle de sécheresse et de canicule. Mais on va voir aussi de plus en plus souvent des précipitations très intenses, des inondations, des laves torrentielles et là, les barrages peuvent retenir une partie de l’eau à haute altitude.

Ils ont ce rôle à jouer. Merci beaucoup, Martine Rebetez, de vous être arrêté dans la matinale à très bientôt.

Merci au revoir.

Le climat change plus vite que prévu

Interview Martine Rebetez, juin 2022

Transcription complète

C’est le premier jour de l’été aujourd’hui, mais on a l’impression qu’il avait pris de l’avance cette année, vu les fortes chaleurs qu’on subira encore jusqu’à ce soir, ça devrait redescendre un peu. Ensuite, des records de température ont été battus il y a encore quelques années.

On s’attendait à de tels phénomènes plutôt aux alentours de 2050.

Pluies torrentielles, vagues de chaleur, montée des eaux, feux de forêt se multiplient à travers le monde.

Presque chaque semaine, une étude nous dit que ces phénomènes extrêmes annoncés pour la deuxième partie du siècle vont finalement devenir réalité bientôt.

Bonjour, Martine Rebetez, vous êtes climatologues. Professeur à l’université de Neuchâtel, membre de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage.

Est-ce qu’un climat plus extrême dans son intensité, dans la fréquence des événements peuvent devenir la norme plus vite que prévu ?

Oui, si vous voulez le problème, enfin, ce qui détermine le moment où certaines températures vont survenir, c’est les quantités de gaz à effet de serre qui se trouvent dans l’atmosphère. Et ce qui s’est passé, c’est qu’entre 1990, où on a commencé à prendre des résolutions pour réduire ces émissions qui s’accumulent dans l’atmosphère chaque année un peu plus, on a énormément augmenté, chaque année, les quantités que les sociétés humaines émettent au lieu de les réduire.

Ce qui était attendu, c’est qu’on les réduise le plus possible, éventuellement le scénario le pire, c’était qu’on en reste aux quantités de 1990, c’est-à-dire 38 Gigas tonnes de CO2 chaque année rajouter dans l’atmosphère, émises en direction de l’atmosphère et puis on en est aujourd’hui plutôt à 60 et plus que 60.

Donc ce n’est pas que les modèles étaient faux, c’est qu’il ne prévoyait pas qu’on enverrait autant de CO2 dans l’atmosphère ?

Voilà, ce sont les différents scénarios qui étaient convenus, c’était, on va réduire un peu plus tôt, un peu plus tard des quantités plus importantes, moins importantes, ces scénarios sont restés les mêmes pour pouvoir continuer à travailler. Le pire des scénarios, c’est celui qu’on a appelé « business as usual », c’est-à-dire, on ne fait rien, mais en réalité, on n’a pas rien fait, on a fait pire et de pire, en pire.

Est-ce que maintenant on a ajusté ces modèles pour les prévisions des années ou des décennies à venir ?

Oui tous les cinq à sept ans les modèles sont réajustés par rapport aux quantités d’aujourd’hui, du jour, mais toujours dans l’idée de dire, « au pire on ne va pas réduire ».  Et finalement, parce que ce sont des décisions, ce sont les engagements qui sont pris par les pays. C’était l’engagement de Kyoto sur la base de 1990 qui n’a pas été tenue. C’était l’engagement de Paris qui n’a pas été tenu non plus. Donc à chaque fois on a des engagements qui disent « on va réduire, on va réduire » et en réalité on ne fait qu’augmenter.

Ce n’est pas seulement qu’on augmente chaque année les quantités qui sont émises. Il faut voir les gaz à effet de serre comme un total qui se trouvent dans l’atmosphère. Donc, on en accumule chaque année encore davantage. C’est comme si on accélère encore le processus.

Mais est-ce que les mesures politiques qui sont prises face à l’urgence climatique n’ont pas toujours un train de retard lorsqu’elles se basent sur des modèles qui sont déjà trop vieux ou déjà dépassés ?

Alors les modèles sont vraiment avérés juste, ce sont des scénarios.

Les engagements politiques, c’est une chose, mais le principal problème qu’on a aujourd’hui, c’est que tous les intérêts qui se trouvent dans les énergies fossiles, tous les intérêts à continuer à extraire ces énergies fossiles, ses intérêts financiers. Il y a énormément d’acteurs, ce sont des filières qui sont très larges et qui rapportent à beaucoup de milieux. Et évidemment, c’est une manne que ces milieux-là ne veulent pas perdre. Donc tout toutes les actions sont entreprises pour empêcher qu’on se tourne vers les énergies renouvelables, comme on espère le faire depuis trente ans.

Le processus se fait, c’est en train de s’engager. Mais le but avoué des pétroliers entre autres, c’était de retarder le processus au maximum, en semant le doute, non seulement sur l’importance des changements climatiques, mais aussi sur l’intérêt des actions. Et c’est ce que l’on continue à voir aujourd’hui, empêcher que ces actions prennent.

Et il y a toute la question de l’attribution. Est-ce qu’on a fait plus de progrès ? Je lisais dans Le Monde la semaine dernière un article qui nous disait qu’on a beaucoup progressé dans l’attribution des événements météorologiques spécifique au réchauffement climatique. Donc maintenant, on est capable de dire que tel événement est lié à ce phénomène plus global ?

Voilà, il y a encore vingt ans, on disait que certes, on prévoyait une augmentation typiquement des canicules, c’était quelque chose qui allait augmenter. Mais on ne pouvait pas dire si une canicule spécifique serait survenue auparavant ou pas. Et depuis la canicule de 2003 qui avait vraiment frappé les esprits dans notre pays et en Europe, c’est quelque chose qu’on a réussi à attribuer dans le sens où on a pu montrer que c’est un événement qui ne serait pas survenu si on n’avait pas eu autant de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Et aujourd’hui, la différence est telle par rapport à la situation qu’on avait avant ses émissions de gaz à effet de serre, que les événements extrêmes, pour la plupart, peuvent facilement être attribués sans aucun doute au changement climatique.

Alors en Suisse aussi le climat change plus vite que prévu. Est-ce que la Suisse va changer aussi plus vite que prévu ? Est-ce qu’on doit s’attendre à ce que le pays change dans sa physionomie, dans ce qui s’y passe ?

Oui, oui, elle est déjà en train de changer. Elles changent plus vite que prévu, comme partout ailleurs. Ce qui est bien visible, c’est les glaciers qui reculent beaucoup plus vite que ce qui était prévu et tout ce qui était imaginable. Les températures qui augmentent, ces canicules qu’on voit aujourd’hui, qui ne surviennent pas chaque année, en 2021 on avait cette variabilité typique de nos latitudes, c’était autre chose. Mais on a quand même eu, des situations de sécheresse et de canicule, beaucoup, beaucoup plus fréquemment, beaucoup moins de neige, la pluie à plus haute altitude en plein hiver. Donc tous ces phénomènes-là sont en train de se renforcer. La vitesse s’accélère.

On parlait hier sur cette antenne toute la journée de la société tout électrique, l’avènement du tout électrique. On aura besoin d’eau dans les barrages en Suisse pour ça, est-ce que dans dix, quinze, vingt ans, il y en aura encore ?

Oui, dans les barrages on a la fonte des glaciers qui ajoute une partie de l’eau qui peut être récoltée. On continuera à avoir des précipitations, que ce soit sous forme de pluie ou sous forme de neige. On n’aura, juste, pas la part de fonte des glaciers, mais elle est mineure dans l’approvisionnement des glaciers. Ce qui va beaucoup changer, c’est la saisonnalité, parce que la fonte de la neige se produit de plus en plus tôt. Et d’autant plus si on n’a pas la partie glaciers, ce sera beaucoup plus tôt dans l’été qu’on aura le maximum d’approvisionnement en eau.

Ce n’est pas tellement la question du manque d’eau dans l’absolu, mais vraiment de la gestion. Les barrages sont appelés à jouer des rôles qui vont être de plus en plus importants, pas seulement fournir de l’électricité, mais aussi réguler les quantités d’eau puisqu’aujourd’hui on parle de sécheresse et de canicule. Mais on va voir aussi de plus en plus souvent des précipitations très intenses, des inondations, des laves torrentielles et là, les barrages peuvent retenir une partie de l’eau à haute altitude.

Ils ont ce rôle à jouer. Merci beaucoup, Martine Rebetez, de vous être arrêté dans la matinale à très bientôt.

Merci au revoir.

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Voyages en Russie absolutiste – Vie et mort de quatre opposants

« Voyages en Russie absolutiste », de Jil Silberstein : quatre Russes face au despotisme

L’écrivain arpente la Russie à la suite de quatre figures de la résistance à l’autocratie. Le combat de Mikhaïl Lermontov, Vladimir Tan Bogoraz, Victor Serge et Anatoli Martchenko y apparaît plus actuel que jamais.

La parution de l’extraordinaire Voyages en Russie absolutiste, de l’écrivain franco-suisse Jil Silberstein, récit d’années d’enquête en Russie autour de la mémoire de quatre grandes figures d’opposants – Mikhaïl Lermontov, Vladimir Tan Bogoraz, Victor SergeAnatoli Martchenko –, offre une occasion unique d’entrer dans l’intimité de cet héroïsme-là, tel qu’il se déploie à travers l’histoire russe sur deux siècles, du règne de Nicolas Ier à nos jours.

Autocratie tsariste, totalitarisme soviétique, oppression poutinienne défilent

Lire l’article : www.lemonde.fr/livres/article/2022/04/14/ (1)

Jil Silberstein : « En Russie, les temps sont très sombres. Mais la flamme de la révolte n’est pas éteinte. Elle ne peut pas s’éteindre »

Jil Silberstein, l’auteur de « Voyages en Russie absolutiste », évoque l’espoir qui porte les Russes s’opposant, depuis deux siècles et aujourd’hui encore, aux pouvoirs en place, intolérants à toute parole dissidente.

Lire l’article : www.lemonde.fr/livres/article/2022/04/14/ (2)

Le livre aux éditions NOIR sur Blanc

Vaste enquête à travers la Russie d’aujourd’hui, Ôtez-moi ma médaille de chien se veut avant tout un hommage au combat acharné de quatre hommes confrontés – chacun à son époque – aux ravages de l’autocratie. Mais faire se côtoyer les destins de l’illustre poète Mikhaïl Lermontov (1814-1841), du révolutionnaire, propagandiste, anthropologue et romancier Vladimir Tan Bogoraz (1865-1936), de l’écrivain anarchiste Victor Serge (1890-1977), antistalinien, auteur de S’il est minuit dans le siècle, et d’Anatoli Martchenko (1938-1986), l’un des derniers dissidents russes à être mort en détention au Goulag, c’est aussi proposer une histoire informelle – encore que remarquablement documentée – de l’opposition à l’absolutisme russe sous toutes ses formes, de Catherine II à Vladimir Poutine. Enfin, à travers quatre « pèlerinages » de l’auteur – au Tatarstan, au Caucase, en Oural et jusqu’aux lointaines rives de la Kolyma –, c’est à la rencontre de « héros de notre temps » que le lecteur est invité.

Plus de détails leseditionsnoirsurblanc.fr/auteur/jil-silberstein/

Le Courrier 19.05.2022 : lecourrier.ch/2022/05/19/portrait-absolu-de-la-russie/

bonpote.com

Infographies du 6ème rapport du GIEC

L’excellent site bonpote.com nous propose de belles et claires infographies sur le 6ème rapport du Giec :

  • Les infographies du Groupe 1
  • Groupe de travail 2
  • Groupe de travail 3

Afin qu’elles ne soient pas perdues dans les réseaux sociaux, vous pouvez retrouver toutes les infographies du GIEC dans l’article. Elles représentent des compléments aux articles :

  • Une lecture rapide des infos : l’essentiel présenté en quelques idées ou chiffres.
  • Elles peuvent être partagées plus facilement, notamment sur les réseaux sociaux.
  • Elles peuvent être imprimées (au bureau, chez vous, etc.).

Tout se trouve ici :

   

Rapport AR6 du GIEC WG III

IPCC AR6 WG III / GIEC GROUPE 3

Nouveau rapport du GIEC : agir coûtera moins cher que le Business as Usual

Après le rapport du Groupe de travail I (WGI) et le 2e sorti en février 2022, le 3e et dernier rapport est enfin sorti !

Après avoir présenté la compréhension physique du changement climatique, ses impacts et l’adaptation nécessaire, ce rapport fournit une évaluation mondiale et actualisée des progrès et des engagements en matière d’atténuation du changement climatique. Il explique l’évolution des efforts de réduction et d’atténuation des émissions, en évaluant l’impact des engagements nationaux en matière de climat par rapport aux objectifs d’émissions à long terme.

Lire l’article bonpote.com

PDF IPCC WGIII

Crise énergétique & dépendance au pétrole en Europe

Conférence à l’EPFL

mercredi 30 mars 2022 | 18:15 -20:00

Crise énergétique & dépendance au pétrole en Europe, Matthieu Auzanneau (Dir. Shift Project),  Prof. Hans Puttgen (EPFL)

La division Durabilité EPFL, les Shifteurs Switzerland et Zero-Emission Group organisent à l’EPFL le 30 mars à 18h15 (Auditoire CE 13) une conférence sur le thème « Crise énergétique et dépendance au pétrole: une transition accélérée ? ».

Deux experts des domaines de l’Energie aborderont les perspectives historiques et futures pour sortir de cette dépendance et s’engager sur la voie de la transition énergétique.

En détail sur shifters.odoocloud.ch

Rapport AR6 du GIEC WG II

IPCC AR6 WG II / GIEC GROUPE 2

3,3 milliards d’êtres humains exposés au changement climatique : le nouveau rapport du GIEC est sans appel

Après le rapport du Groupe de travail I (WGI) en août 2021, le 2ème rapport est enfin sorti !

Alors que le premier rapport traitait de la compréhension physique du système climatique et du changement climatique, ce nouveau rapport (le 2eme sur 3) porte sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes au changement climatique. Comparé aux précédentes versions, ce rapport intègre davantage l’économie et les sciences sociales, et souligne plus clairement le rôle important de la justice sociale dans l’adaptation au changement climatique.

Lire l’article bonpote.com

PDF IPCC WGII

Les émissions CO2 de 1970 à 2021

En 2021, les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie devraient augmenter de 4,8 % à mesure que la demande de charbon, de pétrole et de gaz rebondira avec l’économie. L’augmentation de plus de 1’500 Mt de CO2 serait la plus forte augmentation depuis la reprise économique de la crise financière mondiale il y a plus d’une décennie. Ainsi, en 2021, les émissions mondiales devraient augmenter de près de 400 Mt par rapport au pic de 2019, soit de 1.2% (source www.iea.org/topics/climate-change).

Le 4 avril 2021, l’observatoire d’Hawaï annonçait un record: 421,21 ppm de CO2 mesuré ce jour-là, ce qui revenait à franchir une nouvelle barrière psychologique, celle des 420 ppm.

Les taux de concentration en CO2 (ainsi que d’autres gaz à effet de serre) sont souvent exprimés en partie par million (ppm). En revanche, les quantités émises sont formulées en milliard de tonnes (Gt) de CO2 ou de carbone. Une molécule de CO2 étant constituée d’un atome de carbone (de masse atomique relative 12) et de deux atomes d’oxygène (chacun de masse atomique relative 16), le carbone constitue 12 / (12 + 2*16) = 27.3% de la masse du CO2. 100Gt de CO2 sont donc équivalents à 27.3 GT de carbone.

Différence entre stock et flux

Lorsqu’on a un stock (ou un budget) donné, par exemple la quantité maximum de GAZ qu’on peut mettre dans l’atmosphère si on veut rester sous les 2°C, on peut émettre beaucoup (flux) pendant peu de temps, ou peu pendant longtemps. Ces deux alternatives amèneront au même résultat, à savoir une même quantité de CO2 supplémentaire, et donc une même concentration finale de CO2 dans l’atmosphère.

De ce fait, les différentes manières d’arriver à la neutralité carbone d’ici 2050 n’auront pas le même impact sur les concentrations (et du coup sur les températures) finales:

  • Si nous continuons d’émettre comme aujourd’hui pendant 28 ans et que l’on passe à zéro émission du jour au lendemain (en supposant que ce soit possible!) en 2050, nous aurons émis une certaine quantité, qui amènera à une certaine concentration de CO2 et à une certaine élévation de température.
  • À l’inverse, si nous diminuons régulièrement dès aujourd’hui nos émissions de CO2 pour passer de 38Gt/an en 2021 à zéro en 2050 (en émettant donc chaque année 1’360 Mt CO2 de moins que l’année précédente), la quantité totale de CO2 émise dans l’atmosphère d’ici à 2050 sera deux fois moindre! Les conséquences climatiques les plus désastreuses pourront ainsi être évitées.

Mais nos trajectoires actuelles n’arrivent même pas encore à stabiliser les émissions qui continuent d’augmenter année après année.

C’est pourquoi il est important de s’y atteler sérieusement dès aujourd’hui, pour ne pas dire hier

Explication détaillée : https://etatdurgence.ch/climat/les-puits-de-carbone-ou-de-co2/ 

Nécessité de baisser nos émissions ?

  • ONU (26.11.2019) : Il faut réduire les émissions mondiales de 7,6 % par an au cours de la prochaine décennie pour atteindre l’objectif de 1,5°C fixé à Paris …

Consommation mondiale d’énergie

Qu’en est-il de la consommation d’énergie mondiale ?

Bien que les technologies deviennent plus efficientes, on ne diminue pas notre consommation. Bien au contraire. 

Ce tableau nous montre la consommation des diverses énergies dans le monde. On peut constater qu’aucune baisse de consommation n’apparaît (si ce n’est une baisse sensible pour le charbon en 2018). En effet, les énergies vertes ne remplacent pas les énergies fossiles, elles s’ajoutent à la pile énergétique. Rien d’étonnant à ce que les émissions de CO2 ne baissent pas, ni même ne se stabilisent.

Les technologies nous sauveront-elles ?

Passablement de personnes mettent leur espoir dans les technologies. Mais à ce jour aucune nouvelle technologie ne permet de répondre à la crise climatique dans le temps qui nous est imparti. Ni la capture carbone, ni la fusion nucléaire, ni d’autres énergies vertes.

Lecture :  www.ruedelechiquier.net/essais/344-l-energie-du-deni-.html
« L’énergie du Déni. Comment la transition énergétique va augmenter les émissions de CO2. » Vincent Mignerot, 2021, Rue de l’échiquier, 92 pages (75 de texte).

Le sens de la vie ? Merci à Guillermo !

MONSIEUR Guillermo, respect !
Et merci à TheSwissBox Conversation pour la qualité de vos interviews, essentielles.
L’urgence est notre lutte.