lundi , 4 mai 2026

AURELIEN BARRAU – « SORTIR DE NOS ADDICTIONS »

Intervention d’Aurélien Barrau à la conférence #BEYONDGROWTH en partenariat avec LIMIT au Parlement UE. Spécialisé en relativité générale, physique des trous noirs et cosmologie, il est directeur du Centre de physique théorique Grenoble-Alpes et travaille au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble. Professeur à l’université Grenoble-Alpes, il travaille sur sur la gravité quantique. Il est aussi docteur en philosophie et militant écologiste.

Transcription

Monsieur Dombrowskis s’est effectivement prétendait que le découplage entre croissance économique et catastrophe écologique est en cours. J’irais encore plus loin que Dan pour le contredire. Je dirais qu’il y a en réalité un couplage, et je me permets de parler en français comme une petite provocation contre toutes les hégémonies, y compris celles des langages.

Alors, contrairement à ce que la présidente von der Leyen laissait entendre ici-même hier matin en ouverture de cette réunion, notre problème ne concerne pas principalement, me semble-t-il, l’utilisation des énergies fossiles. Je crois que le consensus chez les informés pourrait se résumer ainsi : il existe des limites planétaires, nous les dépassons. Cette intenable. Plus encore que le réchauffement climatique, la détérioration de l’intégrité de la biosphère constitue une menace extrême. Notre salut n’est pas compatible avec la poursuite de la croissance. Tout cela est vrai et je le soutiens solennellement. Le nier relève aujourd’hui de la complicité du crime de masse. Pourtant, ces assertions sont aussi dramatiquement insuffisantes, car en dépit de leur consonance presque révolutionnaire, elles constituent encore une vision trop convenue et trop timide, presque étriquée.

Le délire métastatique de la machine de guerre économico-technologique que nous avons élaborée n’est pas tenable.

Alors en première approximation, oui, ces énoncés sont corrects, pour des raisons évidentes. C’est vrai, le réchauffement climatique mène à une situation instable qui attente à l’habitabilité de notre planète. Oui, l’acidification des océans, l’interruption des cycles biogéochimiques, l’introduction d’espèces invasives, la pollution et la chute de la biodiversité menacent également. Oui, ceci est inconciliable avec notre avenir, la crise est profondément systémique. Le délire métastatique de la machine de guerre économico-technologique que nous avons élaborée n’est pas tenable.

Si l’on demeure dans les vérités produites par le cadre paradigmatique du monde prédateur, qui est aussi d’ailleurs le monde suicidaire dans lequel nous nous trouvons, tout cela est bien clair. Les prélèvements ne peuvent durer longtemps et ne peuvent demeurer au-dessus des ressources. Il n’est pas nécessaire de cumuler les doctorats pour le comprendre. Notre manière d’habiter l’espace transforme cette planète en déchets. Elle est inconséquente, irrationnelle et coupable. La question de la post-croissance se pose donc évidemment. Je crois pourtant que ce serait encore manquer de profondeur que d’en demeurer ici.

Permettez-moi donc d’énoncer les choses de manière un peu plus provocatrice. Il n’y a aucun problème de croissance. L’effondrement de la biodiversité n’est pas un danger et les limites planétaires sont des bénédictions. Vous l’imaginez ? Il ne s’agit pas d’une invite à la poursuite du carnage. Je m’explique donc.

L’artificialisation globale du réel et l’anéantissement de nos potentialités pourrait-il être considéré comme de la croissance ? C’est une contradiction dans les termes, nous ne nous laissons pas voler les mots par les fous.

D’abord, et cela fut rappelé par nombre d’orateurs et d’oratrices, il n’y a aucun sens à nommer croissance ceux qui relèvent d’un déclin de notre puissance d’être. En quoi ? L’artificialisation globale du réel et l’anéantissement de nos potentialités pourrait-il être considéré comme de la croissance ? C’est une contradiction dans les termes, nous ne nous laissons pas voler les mots par les fous. C’est à peu près aussi déraisonnable que d’user du terme d’intelligence artificielle, très à la mode, pour référer à des algorithmes qui n’ont rien d’intelligent indépendamment des externalités négatives considérables du numérique. La seule question intéressante serait : tout cela nous rend-il plus heureux et plus alerte ? Cette technologie qui permettra d’automatiser les recrutements, de marginaliser les artistes, d’uniformiser les attentes, d’atrophier les possibles, de déployer les contrôles et surveillances de masse, d’élaguer les errances, d’autonomiser la finance et de supprimer les imprévus, est-elle un progrès ? Sans même se soucier de son coût énergétique, de ses conséquences néocoloniales délétères et de son impact sur les vivants non humains, constitue-t-elle, en elle-même, un dessein désirable ? Souhaite-t-on obérer le fondement de notre humanité en déléguant nos choix à des processeurs ? L’interrogation n’est pas de nature scientifique, et je le dis en tant que scientifique, elle est à la marge de nature politique, mais elle est fondamentalement poétique, axiologique et ontologique.

Imaginez que nous disposions un jour d’une énergie presque propre et presque infinie. Ce serait, je crois, le pire scénario envisageable. Prenons un peu de hauteur et raisonnons au-delà de nos réflexes d’ingénieurs pavloviens. Le problème majeur aujourd’hui, j’y insiste, tient à ce que nous faisons de l’énergie, pas à son origine.

Finalement, c’est d’ailleurs la seule bonne nouvelle : il n’y aurait aucun effort à faire, puisque ce qui détruit la vie se trouve être également ce qui érode ou efface le sens. La croissance ne pose aucun problème, décuple nos amours et nos idées, nos écrits et nos offerts, nos équations et nos symphonies, nos intelligences et nos empathies. Ce qu’on nomme improprement « décroissance » ne réfère qu’aux sortir de nos addictions mortifères. Ce ne serait pas une privation, ce serait une guérison, un désensorcellement.

Un exemple plus important peut-être, pour contredire cette fois l’autre présidente, Madame Metsola : imaginez que nous disposions un jour d’une énergie presque propre et presque infinie. Ce serait, je crois, le pire scénario envisageable. Prenons un peu de hauteur et raisonnons au-delà de nos réflexes d’ingénieurs pavloviens. Le problème majeur aujourd’hui, j’y insiste, tient à ce que nous faisons de l’énergie, pas à son origine.

Tant que la destruction systématique de la vie, la dévastation des fonds marins, l’éradication des forêts demeure notre horizon. Et rappelez-vous que ces activités sont nommées « croissances » par les gens sérieux qui siègent dans cet hémicycle. Plus, d’énergie, ne signifie qu’une chose : plus de destruction. Nous n’avons pas commencé à être sérieux, c’est-à-dire à poser la question des fins, et pas uniquement celle des moyens.

Deuxièmement, je soulignais que la chute de la biodiversité n’était pas une menace, tout simplement parce qu’il s’agit d’une erreur catégorielle. La disparition de la vie sur terre, comme vous le savez, nous avons déjà éradiqué les 2/3 des populations d’insectes, les 2/3 des populations de mammifères sauvages et les 2/3 des populations d’arbres. Cette disparition ne peut pas être considérée comme un danger pouvant induire une catastrophe. Elle est, en tant que telle, la catastrophe. Ces métaconfusions rendent toute analyse inopérante. un peu comme si un médecin considérait la mort du patient comme un symptôme parmi d’autres et non pas précisément l’enjeu précis de ce contre quoi il ou elle travaille.

Enfin, et troisièmement, je suggérais que les limites planétaires étaient bienvenues, parce que créer, vivre, inventer, imaginer, c’est toujours composer avec une frontière. Nous ne sommes pas Dieu, la finitude est notre lot. La beauté s’élabore toujours dans la contrainte. Ce n’est pas triste, c’est être en vie.

Notre insouciance était une délinquance, notre obstination commence à relever de l’auto-terrorisme. Et c’est important de le souligner ici au Parlement européen.

Et c’est d’ailleurs le sens même du mot « existence ». Ce n’est pas se résigner ou abdiquer que de le saisir. C’est tout à l’inverse, choisir de cheminer sans œillères, dans un réel plus riche et flamboyant, mais aussi plus fragile que nous l’avions imaginé. Notre insouciance était une délinquance, notre obstination commence à relever de l’auto-terrorisme. Et c’est important de le souligner ici au Parlement européen.

Nous sommes les héritiers et les héritières du logos, le cœur sublime de la Grèce antique, invention géniale mais dangereuse, d’une rationalité qui se croit unique, qui se veut universelle et qui se rêve omnipotente. Logos, le joyau et le fléau de l’Occident. Aujourd’hui, face à la certitude de l’échec, un peu d’humilité serait bienvenu. Abandonner un instant notre suffisance et chercher à apprendre plus qu’à enseigner, en particulier dans nos rapports aux pays du Sud.

Nous sommes, c’est un fait, la civilisation la plus meurtrière de tous les temps du point de vue de la biosphère. Nous devenons aussi l’une des plus ineptes et finalement des plus malheureuses.

D’ailleurs, nous avons maintenant la conviction que nos prédécesseurs, au néolithique et au paléolithique, furent extrêmement explorateurs. Notre spécificité n’est pas de nous fourvoyer, nous ne sommes pas les premiers, mais de nous entêter. Malgré l’évidence scientifique, éthique et esthétique de notre inconséquence, aucune remise en question sérieuse ne semble poindre chez les gens sérieux. Nous sommes, c’est un fait, la civilisation la plus meurtrière de tous les temps du point de vue de la biosphère. Nous devenons aussi l’une des plus ineptes et finalement des plus malheureuses.

Je crois que la question des modalités – comment continuer à l’identique en émettant un peu moins de CO2 – ne devrait plus du tout nous intéresser. La seule question signifiante est celle des finalités : où voulons-nous aller ?

Un tout autre monde, sevré de nos addictions pernicieuses et de nos prédations nécrophiles, ne relèverait peut-être ni de l’effort, ni de l’ascèse, mais de la jouissance assumée, d’une puissance réinvestie. Merci.

AURELIEN BARRAU – « SORTIR DE NOS ADDICTIONS »

Intervention d’Aurélien Barrau à la conférence #BEYONDGROWTH en partenariat avec LIMIT au Parlement UE. Spécialisé en relativité générale, physique des trous noirs et cosmologie, il est directeur du Centre de physique théorique Grenoble-Alpes et travaille au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble. Professeur à l’université Grenoble-Alpes, il travaille sur sur la gravité quantique. Il est aussi docteur en philosophie et militant écologiste.

Transcription

Monsieur Dombrowskis s’est effectivement prétendait que le découplage entre croissance économique et catastrophe écologique est en cours. J’irais encore plus loin que Dan pour le contredire. Je dirais qu’il y a en réalité un couplage, et je me permets de parler en français comme une petite provocation contre toutes les hégémonies, y compris celles des langages.

Alors, contrairement à ce que la présidente von der Leyen laissait entendre ici-même hier matin en ouverture de cette réunion, notre problème ne concerne pas principalement, me semble-t-il, l’utilisation des énergies fossiles. Je crois que le consensus chez les informés pourrait se résumer ainsi : il existe des limites planétaires, nous les dépassons. Cette intenable. Plus encore que le réchauffement climatique, la détérioration de l’intégrité de la biosphère constitue une menace extrême. Notre salut n’est pas compatible avec la poursuite de la croissance. Tout cela est vrai et je le soutiens solennellement. Le nier relève aujourd’hui de la complicité du crime de masse. Pourtant, ces assertions sont aussi dramatiquement insuffisantes, car en dépit de leur consonance presque révolutionnaire, elles constituent encore une vision trop convenue et trop timide, presque étriquée.

Le délire métastatique de la machine de guerre économico-technologique que nous avons élaborée n’est pas tenable.

Alors en première approximation, oui, ces énoncés sont corrects, pour des raisons évidentes. C’est vrai, le réchauffement climatique mène à une situation instable qui attente à l’habitabilité de notre planète. Oui, l’acidification des océans, l’interruption des cycles biogéochimiques, l’introduction d’espèces invasives, la pollution et la chute de la biodiversité menacent également. Oui, ceci est inconciliable avec notre avenir, la crise est profondément systémique. Le délire métastatique de la machine de guerre économico-technologique que nous avons élaborée n’est pas tenable.

Si l’on demeure dans les vérités produites par le cadre paradigmatique du monde prédateur, qui est aussi d’ailleurs le monde suicidaire dans lequel nous nous trouvons, tout cela est bien clair. Les prélèvements ne peuvent durer longtemps et ne peuvent demeurer au-dessus des ressources. Il n’est pas nécessaire de cumuler les doctorats pour le comprendre. Notre manière d’habiter l’espace transforme cette planète en déchets. Elle est inconséquente, irrationnelle et coupable. La question de la post-croissance se pose donc évidemment. Je crois pourtant que ce serait encore manquer de profondeur que d’en demeurer ici.

Permettez-moi donc d’énoncer les choses de manière un peu plus provocatrice. Il n’y a aucun problème de croissance. L’effondrement de la biodiversité n’est pas un danger et les limites planétaires sont des bénédictions. Vous l’imaginez ? Il ne s’agit pas d’une invite à la poursuite du carnage. Je m’explique donc.

L’artificialisation globale du réel et l’anéantissement de nos potentialités pourrait-il être considéré comme de la croissance ? C’est une contradiction dans les termes, nous ne nous laissons pas voler les mots par les fous.

D’abord, et cela fut rappelé par nombre d’orateurs et d’oratrices, il n’y a aucun sens à nommer croissance ceux qui relèvent d’un déclin de notre puissance d’être. En quoi ? L’artificialisation globale du réel et l’anéantissement de nos potentialités pourrait-il être considéré comme de la croissance ? C’est une contradiction dans les termes, nous ne nous laissons pas voler les mots par les fous. C’est à peu près aussi déraisonnable que d’user du terme d’intelligence artificielle, très à la mode, pour référer à des algorithmes qui n’ont rien d’intelligent indépendamment des externalités négatives considérables du numérique. La seule question intéressante serait : tout cela nous rend-il plus heureux et plus alerte ? Cette technologie qui permettra d’automatiser les recrutements, de marginaliser les artistes, d’uniformiser les attentes, d’atrophier les possibles, de déployer les contrôles et surveillances de masse, d’élaguer les errances, d’autonomiser la finance et de supprimer les imprévus, est-elle un progrès ? Sans même se soucier de son coût énergétique, de ses conséquences néocoloniales délétères et de son impact sur les vivants non humains, constitue-t-elle, en elle-même, un dessein désirable ? Souhaite-t-on obérer le fondement de notre humanité en déléguant nos choix à des processeurs ? L’interrogation n’est pas de nature scientifique, et je le dis en tant que scientifique, elle est à la marge de nature politique, mais elle est fondamentalement poétique, axiologique et ontologique.

Imaginez que nous disposions un jour d’une énergie presque propre et presque infinie. Ce serait, je crois, le pire scénario envisageable. Prenons un peu de hauteur et raisonnons au-delà de nos réflexes d’ingénieurs pavloviens. Le problème majeur aujourd’hui, j’y insiste, tient à ce que nous faisons de l’énergie, pas à son origine.

Finalement, c’est d’ailleurs la seule bonne nouvelle : il n’y aurait aucun effort à faire, puisque ce qui détruit la vie se trouve être également ce qui érode ou efface le sens. La croissance ne pose aucun problème, décuple nos amours et nos idées, nos écrits et nos offerts, nos équations et nos symphonies, nos intelligences et nos empathies. Ce qu’on nomme improprement « décroissance » ne réfère qu’aux sortir de nos addictions mortifères. Ce ne serait pas une privation, ce serait une guérison, un désensorcellement.

Un exemple plus important peut-être, pour contredire cette fois l’autre présidente, Madame Metsola : imaginez que nous disposions un jour d’une énergie presque propre et presque infinie. Ce serait, je crois, le pire scénario envisageable. Prenons un peu de hauteur et raisonnons au-delà de nos réflexes d’ingénieurs pavloviens. Le problème majeur aujourd’hui, j’y insiste, tient à ce que nous faisons de l’énergie, pas à son origine.

Tant que la destruction systématique de la vie, la dévastation des fonds marins, l’éradication des forêts demeure notre horizon. Et rappelez-vous que ces activités sont nommées « croissances » par les gens sérieux qui siègent dans cet hémicycle. Plus, d’énergie, ne signifie qu’une chose : plus de destruction. Nous n’avons pas commencé à être sérieux, c’est-à-dire à poser la question des fins, et pas uniquement celle des moyens.

Deuxièmement, je soulignais que la chute de la biodiversité n’était pas une menace, tout simplement parce qu’il s’agit d’une erreur catégorielle. La disparition de la vie sur terre, comme vous le savez, nous avons déjà éradiqué les 2/3 des populations d’insectes, les 2/3 des populations de mammifères sauvages et les 2/3 des populations d’arbres. Cette disparition ne peut pas être considérée comme un danger pouvant induire une catastrophe. Elle est, en tant que telle, la catastrophe. Ces métaconfusions rendent toute analyse inopérante. un peu comme si un médecin considérait la mort du patient comme un symptôme parmi d’autres et non pas précisément l’enjeu précis de ce contre quoi il ou elle travaille.

Enfin, et troisièmement, je suggérais que les limites planétaires étaient bienvenues, parce que créer, vivre, inventer, imaginer, c’est toujours composer avec une frontière. Nous ne sommes pas Dieu, la finitude est notre lot. La beauté s’élabore toujours dans la contrainte. Ce n’est pas triste, c’est être en vie.

Notre insouciance était une délinquance, notre obstination commence à relever de l’auto-terrorisme. Et c’est important de le souligner ici au Parlement européen.

Et c’est d’ailleurs le sens même du mot « existence ». Ce n’est pas se résigner ou abdiquer que de le saisir. C’est tout à l’inverse, choisir de cheminer sans œillères, dans un réel plus riche et flamboyant, mais aussi plus fragile que nous l’avions imaginé. Notre insouciance était une délinquance, notre obstination commence à relever de l’auto-terrorisme. Et c’est important de le souligner ici au Parlement européen.

Nous sommes les héritiers et les héritières du logos, le cœur sublime de la Grèce antique, invention géniale mais dangereuse, d’une rationalité qui se croit unique, qui se veut universelle et qui se rêve omnipotente. Logos, le joyau et le fléau de l’Occident. Aujourd’hui, face à la certitude de l’échec, un peu d’humilité serait bienvenu. Abandonner un instant notre suffisance et chercher à apprendre plus qu’à enseigner, en particulier dans nos rapports aux pays du Sud.

Nous sommes, c’est un fait, la civilisation la plus meurtrière de tous les temps du point de vue de la biosphère. Nous devenons aussi l’une des plus ineptes et finalement des plus malheureuses.

D’ailleurs, nous avons maintenant la conviction que nos prédécesseurs, au néolithique et au paléolithique, furent extrêmement explorateurs. Notre spécificité n’est pas de nous fourvoyer, nous ne sommes pas les premiers, mais de nous entêter. Malgré l’évidence scientifique, éthique et esthétique de notre inconséquence, aucune remise en question sérieuse ne semble poindre chez les gens sérieux. Nous sommes, c’est un fait, la civilisation la plus meurtrière de tous les temps du point de vue de la biosphère. Nous devenons aussi l’une des plus ineptes et finalement des plus malheureuses.

Je crois que la question des modalités – comment continuer à l’identique en émettant un peu moins de CO2 – ne devrait plus du tout nous intéresser. La seule question signifiante est celle des finalités : où voulons-nous aller ?

Un tout autre monde, sevré de nos addictions pernicieuses et de nos prédations nécrophiles, ne relèverait peut-être ni de l’effort, ni de l’ascèse, mais de la jouissance assumée, d’une puissance réinvestie. Merci.

Albert Rösti au Conseil fédéral, danger ?

Comment Albert Rösti et l’UDC sapent la parole des scientifiques

Albert Rösti et l’UDC ont-ils une dent contre les scientifiques – ou contre les sciences du climat? En public, il s’en défend: «Il est faux de dire que nous sommes climatosceptiques», affirmait-il par exemple en 2019. Mais en privé, selon les informations de Heidi.news, il n’hésite pas à attaquer la parole de scientifiques du climat.

Lire l’article (6.12.2022) : Heidi News

lbert Rösti, la sympathique catastrophe climatique

Dr. Jean Martin voit d’un mauvais œil la candidature du politicien bernois au Conseil fédéral.
«Comment imaginer un membre du gouvernement suisse proche du déni du réchauffement climatique?»

Lire l’article (13.10.2022) : 24heures

Albert Rösti: « Je partage absolument le but de sortir des énergies fossiles »

Sélectionné par le groupe UDC sur le ticket pour la succession d’Ueli Maurer, Albert Rösti va devoir convaincre ces prochains jours ses collègues du Parlement. Dans La Matinale, le Bernois s’est dit favorable à la sortie des énergies fossiles, « mais il faut avoir des alternatives ».

Écouter l’interview (30.11.2022) : RTS

Albert Rösti proposé comme nouveau Président d’Auto Suisse

Albert Rösti sera proposé comme nouveau Président de l’Association des importateurs suisses d’automobiles, auto-suisse. La commission de sélection mise en place par le Comité directeur proposera aux membres d’auto-suisse d’élire le Conseiller national bernois lors de l’Assemblée générale du 17 mai 2022. L’actuel titulaire du poste, François Launaz, avait annoncé à la fin 2020 qu’il partirait à la retraite à cette date. Du point de vue du Comité directeur, Albert Rösti remplit parfaitement les conditions requises pour la présidence d’auto-suisse.

Article (27.01.2022) : auto.swiss

Les mandats gênants d’Albert Rösti

Le favori de la course au Conseil fédéral, Albert Rösti, représente le lobby du pétrole. La gauche ne lui privilégie pourtant pas son colistier Hans-Ueli Vogt, issu de l’aile dure de l’UDC.
La crise climatique autorise-t-elle l’élection d’un conseiller fédéral qui a représenté la branche pétrolière? Des scientifiques et activistes climatiques ont lancé la semaine un appel «Non au lobby du pétrole au Conseil fédéral», contre la candidature d’Albert Rösti à la succession d’Ueli Maurer.

Lire l’article (30.11.2022) : Le Courrier

Pour Albert Rösti, «il est faux de vouloir se passer d’un type d’énergie»

Dans un entretien aux journaux du groupe Tamedia, le candidat de l’UDC au Conseil fédéral se dit favorable aux énergies renouvelables, sans fermer la porte aux autres types d’énergie, dont le nucléaire.

Lire l’article (19.11.2022) : Le Temps

Appel à Berne pour que le Parlement n’élise pas Albert Rösti

Plusieurs dizaines de personnalités du monde scientifique, culturel et de la société civile demandent d’empêcher son accession au Conseil fédéral en raison des liens avec le monde du pétrole et de l’automobile.

Lire l’article (24.11.2022) : 20minutes, Le Matin

«Sa place est au tribunal plutôt qu’au Conseil fédéral», lance un Vert

Au lieu d’accéder au Conseil fédéral, Albert Rösti devrait être jugé, estime un conseiller municipal écologiste de Zurich. Par ses activités de lobbying et sa politique, l’élu bernois de l’UDC enfreint la Constitution, selon lui.

Lire l’article (1.12.2022) : Blick

L’appel : Résistance des milieux scientifiques, culturels et de la société civile contre le lobby pétrolier au Conseil fédéral

Pour toutes ces raisons, actif-trafiC pense que l’appel «NON au lobby du pétrole au Conseil fédéral!» doit être entendu par les parlementaires fédéraux afin que le 7 décembre, ils et elles fassent barrière à l’UDC et à son favori Albert Rösti.

Voir l’appel (24.11.2022) : actif-trafiC

Urgence climatique et Plan climat Vaud

Le podcast

Temps de lecture 5:48 minutes

 

Rien de tel qu’une bonne canicule à 35° en cet été 2022 pour me sortir de ma procrastination et décider de partir à la découverte du Plan climat vaudois 1re génération (juin 2020 / Réf. 1). Retranchée à l’intérieur, fenêtres et volets clos, je déroule.

Le bilan est inquiétant, le déni passé semble dépassé et du coup je respire. Le canton de Vaud fait face à un défi jamais vu. L’urgence climatique a été déclarée par le Grand Conseil en juin 2020. Ouf, nous allons enfin passer aux choses sérieuses, aux mesures drastiques et immédiates qu’appelle de ses vœux le dernier rapport du GIEC de février 2022. Plus que trois ans pour inverser la tendance !

L’objectif du plan climat vaudois est le suivant : atteindre une réduction de GES (gaz à effet de serre) entre 50% et 60% d’ici à 2030 (par rapport à 1990) et la neutralité carbone territoriale d’ici à 2050.

Comment nos autorités imaginent-elles atteindre cet objectif ? De la façon suivante : « L’effort consiste essentiellement à orienter, soutenir, renforcer et compléter les moyens engagés ». Bon, ce n’est pas gagné. Aucune mesure contraignante n’est prévue, il ne faut pas mécontenter l’électorat.

Qu’en est-il alors de la réduction urgentissime des 79 % de GES générés par les énergies fossiles, mobilité et chauffage des bâtiments confondus ? (Réf. 2)

Le Canton dit vouloir assumer une responsabilité en termes « d’accompagnement, de coordination et de cohérence des actions à mener ».  À titre d’exemple, nos élus prévoient donc d’inciter, d’accompagner, d’encourager la population à prendre les transports publics ou leur vélo ainsi qu’à acheter des voitures électriques. Cette dernière incitation me parait d’ailleurs être en contradiction avec la pénurie d’énergie annoncée. Allez comprendre. Dans le même temps, le nombre de voitures a considérablement augmenté sur notre territoire. Je m’interroge, les émissions grises sont-elles prises en compte dans les calculs ?

Et puis, aucune mention particulière n’est faite concernant la rénovation des bâtiments et la transition vers des chauffages moins polluants.

L’accroissement de la population que connait notre canton rend le défi de la réduction des émissions encore plus grand. Cependant, il faudrait continuer de développer, de générer de la croissance, d’y attirer de nouveaux habitants. Vous avez dit schizophrénie ? Inconscience ?  Cynisme ? Appât du gain ? Faire beaucoup moins avec beaucoup plus ? Vraiment ?

Autre mauvaise surprise ! Seules 12 mesures ont passé la rampe en lien avec le plan climat sur les 100 annoncées. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas accessibles sur le site internet.

La population, les communes, les entreprises, les associations sont appelées à s’y mettre. Mais comment les informer afin de les inciter à bien faire ? Voilà ce qui est prévu : des conférences et des ateliers. Un fou rire nerveux me saisit. Ce ne peut être vrai !

Les professions de foi et les déclarations d’intention foisonnent dans ce plan, mais aucun calendrier précis d’application des mesures n’y est édicté, nous nageons dans le flou. Le plan climat 2e mouture est en préparation et devrait voir le jour en 2024, ce qui tombe bien. Les deux années restantes pour agir seront écoulées, génial. Là, je vais pleurer.

Jean-Pascal Delamuraz avait adapté le trait d’esprit d’un ancien conseiller fédéral à notre réalité locale : « Les vaudois se lèvent tôt, mais se réveillent tard ».

Alors que faire maintenant ? L’extrême urgence étant de faire baisser rapidement les GES ne pourrait-on pas décréter la piétonnisation des villes du canton et informer les propriétaires privés du chemin à prendre pour rénover leurs maisons et rendre les bâtiments les plus autonomes possibles en termes de chauffage et d’électricité ?

À quand des conférences de presse régulières sur l’urgence climatique ? Tenues conjointement par Christelle Luisier et Vassilis Venizelos pour le canton et Grégoire Junod et Natacha Litzistorf pour Lausanne. Leur silence sur ce sujet est tout bonnement assourdissant. Il est temps de dire la vérité à la population et de l’informer clairement de ce qu’il convient de faire tout de suite et non d’ici à quelques années. Du courage, du courage et encore du courage !

Pour terminer, je m’étonne également d’avoir appris par le biais de l’entreprise « Romande Énergie » (Réf. 3), et non par la voix de nos autorités, dans quelle situation difficile nous nous trouvons réellement à quelques mois de l’hiver.

J’ai chaud, très chaud et au moment de conclure je suis vraiment très inquiète. Nos institutions ne sont manifestement pas à la hauteur de l’enjeu. Il est temps de doter notre démocratie d’un outil supplémentaire qui permettra aux citoyennes et citoyens de ce canton de s’exprimer directement sur des thèmes qui sont dans l’impasse pour cause de blocage politique. Des assemblées citoyennes pourraient nous y aider !

Brigitte Nicod Krieger, le 17 août 2022

Références :

  1. Plan climat Vaud www.vd.ch/themes/environnement/climat/
  2. Plan climat, page 17 ; 202006_Plan_climat
  3. Webinaire, 8 juillet 2022 : Pénurie, hausse des prix, Ostral, pourquoi le marché de l’électricité s’emballe ?
    youtu.be/alwvGnEfS6U

Marche pour le climat : Maintenant, agir !

Le 3 septembre, 14h Lausanne

Nous ferons pencher la balance. Avec vous, nous serons des milliers.

Départ à 14h de la gare de Lausanne, avec un tracé habituel dans Lausanne pour une arrivée à la place de la Riponne.

Plus de détails : maintenant-agir.ch

 

10 POINTS CLÉS (GIEC, AR6 WG 1, 2 & 3)

Pour un réveil écologique nous propose une série de documents des plus intéressants et des infographies utiles.

  • 1er volet (Bases scientifiques)
  • 2ème volet (Adaptation aux conséquences)
  • 3ème volet (Réduction des émissions)

Ne manquez pas les liens en bas de page de l’article

Pour une meilleure qualité d’impression, voici les versions PDF

  • 10 points clés, AR6 WG1 – Infographie Pour un Réveil Écologique
  • 10 points clés, AR6 WG2 – Infographie Pour un Réveil Écologique
  • 10 points clés, AR6 WG3 – Infographie Pour un Réveil Écologique

Retrouvez les articles complets sur les 3 volets de ce dernier rapport du GIEC

  • 6E RAPPORT DU GIEC – KIT PRATIQUE, 1ER VOLET
  • 6E RAPPORT DU GIEC – SYNTHÈSE DU 2EME VOLET
  • 6E RAPPORT DU GIEC – DERNIER VOLET, PRÉSENTATION DU RAPPORT COMPLET

L’article

Version PODCAST par etatdurgence

Avec l’aimable autorisation de Pour un réveil écologique.

Le climat change plus vite que prévu

Interview Martine Rebetez, juin 2022

Transcription complète

C’est le premier jour de l’été aujourd’hui, mais on a l’impression qu’il avait pris de l’avance cette année, vu les fortes chaleurs qu’on subira encore jusqu’à ce soir, ça devrait redescendre un peu. Ensuite, des records de température ont été battus il y a encore quelques années.

On s’attendait à de tels phénomènes plutôt aux alentours de 2050.

Pluies torrentielles, vagues de chaleur, montée des eaux, feux de forêt se multiplient à travers le monde.

Presque chaque semaine, une étude nous dit que ces phénomènes extrêmes annoncés pour la deuxième partie du siècle vont finalement devenir réalité bientôt.

Bonjour, Martine Rebetez, vous êtes climatologues. Professeur à l’université de Neuchâtel, membre de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage.

Est-ce qu’un climat plus extrême dans son intensité, dans la fréquence des événements peuvent devenir la norme plus vite que prévu ?

Oui, si vous voulez le problème, enfin, ce qui détermine le moment où certaines températures vont survenir, c’est les quantités de gaz à effet de serre qui se trouvent dans l’atmosphère. Et ce qui s’est passé, c’est qu’entre 1990, où on a commencé à prendre des résolutions pour réduire ces émissions qui s’accumulent dans l’atmosphère chaque année un peu plus, on a énormément augmenté, chaque année, les quantités que les sociétés humaines émettent au lieu de les réduire.

Ce qui était attendu, c’est qu’on les réduise le plus possible, éventuellement le scénario le pire, c’était qu’on en reste aux quantités de 1990, c’est-à-dire 38 Gigas tonnes de CO2 chaque année rajouter dans l’atmosphère, émises en direction de l’atmosphère et puis on en est aujourd’hui plutôt à 60 et plus que 60.

Donc ce n’est pas que les modèles étaient faux, c’est qu’il ne prévoyait pas qu’on enverrait autant de CO2 dans l’atmosphère ?

Voilà, ce sont les différents scénarios qui étaient convenus, c’était, on va réduire un peu plus tôt, un peu plus tard des quantités plus importantes, moins importantes, ces scénarios sont restés les mêmes pour pouvoir continuer à travailler. Le pire des scénarios, c’est celui qu’on a appelé « business as usual », c’est-à-dire, on ne fait rien, mais en réalité, on n’a pas rien fait, on a fait pire et de pire, en pire.

Est-ce que maintenant on a ajusté ces modèles pour les prévisions des années ou des décennies à venir ?

Oui tous les cinq à sept ans les modèles sont réajustés par rapport aux quantités d’aujourd’hui, du jour, mais toujours dans l’idée de dire, « au pire on ne va pas réduire ».  Et finalement, parce que ce sont des décisions, ce sont les engagements qui sont pris par les pays. C’était l’engagement de Kyoto sur la base de 1990 qui n’a pas été tenue. C’était l’engagement de Paris qui n’a pas été tenu non plus. Donc à chaque fois on a des engagements qui disent « on va réduire, on va réduire » et en réalité on ne fait qu’augmenter.

Ce n’est pas seulement qu’on augmente chaque année les quantités qui sont émises. Il faut voir les gaz à effet de serre comme un total qui se trouvent dans l’atmosphère. Donc, on en accumule chaque année encore davantage. C’est comme si on accélère encore le processus.

Mais est-ce que les mesures politiques qui sont prises face à l’urgence climatique n’ont pas toujours un train de retard lorsqu’elles se basent sur des modèles qui sont déjà trop vieux ou déjà dépassés ?

Alors les modèles sont vraiment avérés juste, ce sont des scénarios.

Les engagements politiques, c’est une chose, mais le principal problème qu’on a aujourd’hui, c’est que tous les intérêts qui se trouvent dans les énergies fossiles, tous les intérêts à continuer à extraire ces énergies fossiles, ses intérêts financiers. Il y a énormément d’acteurs, ce sont des filières qui sont très larges et qui rapportent à beaucoup de milieux. Et évidemment, c’est une manne que ces milieux-là ne veulent pas perdre. Donc tout toutes les actions sont entreprises pour empêcher qu’on se tourne vers les énergies renouvelables, comme on espère le faire depuis trente ans.

Le processus se fait, c’est en train de s’engager. Mais le but avoué des pétroliers entre autres, c’était de retarder le processus au maximum, en semant le doute, non seulement sur l’importance des changements climatiques, mais aussi sur l’intérêt des actions. Et c’est ce que l’on continue à voir aujourd’hui, empêcher que ces actions prennent.

Et il y a toute la question de l’attribution. Est-ce qu’on a fait plus de progrès ? Je lisais dans Le Monde la semaine dernière un article qui nous disait qu’on a beaucoup progressé dans l’attribution des événements météorologiques spécifique au réchauffement climatique. Donc maintenant, on est capable de dire que tel événement est lié à ce phénomène plus global ?

Voilà, il y a encore vingt ans, on disait que certes, on prévoyait une augmentation typiquement des canicules, c’était quelque chose qui allait augmenter. Mais on ne pouvait pas dire si une canicule spécifique serait survenue auparavant ou pas. Et depuis la canicule de 2003 qui avait vraiment frappé les esprits dans notre pays et en Europe, c’est quelque chose qu’on a réussi à attribuer dans le sens où on a pu montrer que c’est un événement qui ne serait pas survenu si on n’avait pas eu autant de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Et aujourd’hui, la différence est telle par rapport à la situation qu’on avait avant ses émissions de gaz à effet de serre, que les événements extrêmes, pour la plupart, peuvent facilement être attribués sans aucun doute au changement climatique.

Alors en Suisse aussi le climat change plus vite que prévu. Est-ce que la Suisse va changer aussi plus vite que prévu ? Est-ce qu’on doit s’attendre à ce que le pays change dans sa physionomie, dans ce qui s’y passe ?

Oui, oui, elle est déjà en train de changer. Elles changent plus vite que prévu, comme partout ailleurs. Ce qui est bien visible, c’est les glaciers qui reculent beaucoup plus vite que ce qui était prévu et tout ce qui était imaginable. Les températures qui augmentent, ces canicules qu’on voit aujourd’hui, qui ne surviennent pas chaque année, en 2021 on avait cette variabilité typique de nos latitudes, c’était autre chose. Mais on a quand même eu, des situations de sécheresse et de canicule, beaucoup, beaucoup plus fréquemment, beaucoup moins de neige, la pluie à plus haute altitude en plein hiver. Donc tous ces phénomènes-là sont en train de se renforcer. La vitesse s’accélère.

On parlait hier sur cette antenne toute la journée de la société tout électrique, l’avènement du tout électrique. On aura besoin d’eau dans les barrages en Suisse pour ça, est-ce que dans dix, quinze, vingt ans, il y en aura encore ?

Oui, dans les barrages on a la fonte des glaciers qui ajoute une partie de l’eau qui peut être récoltée. On continuera à avoir des précipitations, que ce soit sous forme de pluie ou sous forme de neige. On n’aura, juste, pas la part de fonte des glaciers, mais elle est mineure dans l’approvisionnement des glaciers. Ce qui va beaucoup changer, c’est la saisonnalité, parce que la fonte de la neige se produit de plus en plus tôt. Et d’autant plus si on n’a pas la partie glaciers, ce sera beaucoup plus tôt dans l’été qu’on aura le maximum d’approvisionnement en eau.

Ce n’est pas tellement la question du manque d’eau dans l’absolu, mais vraiment de la gestion. Les barrages sont appelés à jouer des rôles qui vont être de plus en plus importants, pas seulement fournir de l’électricité, mais aussi réguler les quantités d’eau puisqu’aujourd’hui on parle de sécheresse et de canicule. Mais on va voir aussi de plus en plus souvent des précipitations très intenses, des inondations, des laves torrentielles et là, les barrages peuvent retenir une partie de l’eau à haute altitude.

Ils ont ce rôle à jouer. Merci beaucoup, Martine Rebetez, de vous être arrêté dans la matinale à très bientôt.

Merci au revoir.

État d’urgence sur Spotify

Afin de faciliter l’écoute et le partage, vous trouverez dès aujourd’hui les podcasts etatdurgence.ch sur Spotify (et sur Anchor).

Sur Spotify

  • Les podcasts peuvent être lus, smartphone en veille.
  • Vous pouvez utiliser la minuterie pour arrêter la lecture à la fin d’un épisode ou, par exemple, au bout d’une heure.
  • Aucune monétisations de notre côté.
Spotify – Podcasts ¿Etat d’Urgence CH

Voyages en Russie absolutiste – Vie et mort de quatre opposants

« Voyages en Russie absolutiste », de Jil Silberstein : quatre Russes face au despotisme

L’écrivain arpente la Russie à la suite de quatre figures de la résistance à l’autocratie. Le combat de Mikhaïl Lermontov, Vladimir Tan Bogoraz, Victor Serge et Anatoli Martchenko y apparaît plus actuel que jamais.

La parution de l’extraordinaire Voyages en Russie absolutiste, de l’écrivain franco-suisse Jil Silberstein, récit d’années d’enquête en Russie autour de la mémoire de quatre grandes figures d’opposants – Mikhaïl Lermontov, Vladimir Tan Bogoraz, Victor SergeAnatoli Martchenko –, offre une occasion unique d’entrer dans l’intimité de cet héroïsme-là, tel qu’il se déploie à travers l’histoire russe sur deux siècles, du règne de Nicolas Ier à nos jours.

Autocratie tsariste, totalitarisme soviétique, oppression poutinienne défilent

Lire l’article : www.lemonde.fr/livres/article/2022/04/14/ (1)

Jil Silberstein : « En Russie, les temps sont très sombres. Mais la flamme de la révolte n’est pas éteinte. Elle ne peut pas s’éteindre »

Jil Silberstein, l’auteur de « Voyages en Russie absolutiste », évoque l’espoir qui porte les Russes s’opposant, depuis deux siècles et aujourd’hui encore, aux pouvoirs en place, intolérants à toute parole dissidente.

Lire l’article : www.lemonde.fr/livres/article/2022/04/14/ (2)

Le livre aux éditions NOIR sur Blanc

Vaste enquête à travers la Russie d’aujourd’hui, Ôtez-moi ma médaille de chien se veut avant tout un hommage au combat acharné de quatre hommes confrontés – chacun à son époque – aux ravages de l’autocratie. Mais faire se côtoyer les destins de l’illustre poète Mikhaïl Lermontov (1814-1841), du révolutionnaire, propagandiste, anthropologue et romancier Vladimir Tan Bogoraz (1865-1936), de l’écrivain anarchiste Victor Serge (1890-1977), antistalinien, auteur de S’il est minuit dans le siècle, et d’Anatoli Martchenko (1938-1986), l’un des derniers dissidents russes à être mort en détention au Goulag, c’est aussi proposer une histoire informelle – encore que remarquablement documentée – de l’opposition à l’absolutisme russe sous toutes ses formes, de Catherine II à Vladimir Poutine. Enfin, à travers quatre « pèlerinages » de l’auteur – au Tatarstan, au Caucase, en Oural et jusqu’aux lointaines rives de la Kolyma –, c’est à la rencontre de « héros de notre temps » que le lecteur est invité.

Plus de détails leseditionsnoirsurblanc.fr/auteur/jil-silberstein/

Le Courrier 19.05.2022 : lecourrier.ch/2022/05/19/portrait-absolu-de-la-russie/

bonpote.com

Infographies du 6ème rapport du GIEC

L’excellent site bonpote.com nous propose de belles et claires infographies sur le 6ème rapport du Giec :

  • Les infographies du Groupe 1
  • Groupe de travail 2
  • Groupe de travail 3

Afin qu’elles ne soient pas perdues dans les réseaux sociaux, vous pouvez retrouver toutes les infographies du GIEC dans l’article. Elles représentent des compléments aux articles :

  • Une lecture rapide des infos : l’essentiel présenté en quelques idées ou chiffres.
  • Elles peuvent être partagées plus facilement, notamment sur les réseaux sociaux.
  • Elles peuvent être imprimées (au bureau, chez vous, etc.).

Tout se trouve ici :

   

Rapport AR6 du GIEC WG III

IPCC AR6 WG III / GIEC GROUPE 3

Nouveau rapport du GIEC : agir coûtera moins cher que le Business as Usual

Après le rapport du Groupe de travail I (WGI) et le 2e sorti en février 2022, le 3e et dernier rapport est enfin sorti !

Après avoir présenté la compréhension physique du changement climatique, ses impacts et l’adaptation nécessaire, ce rapport fournit une évaluation mondiale et actualisée des progrès et des engagements en matière d’atténuation du changement climatique. Il explique l’évolution des efforts de réduction et d’atténuation des émissions, en évaluant l’impact des engagements nationaux en matière de climat par rapport aux objectifs d’émissions à long terme.

Lire l’article bonpote.com

PDF IPCC WGIII