Dernière modification le 4-11-2026 à 20:12:52
Page suivie jour après jour pendant la conférence, du 9 au 20 novembre 2026. État des connaissances au 4 novembre 2026.
Du 9 au 20 novembre 2026, près de deux cents États se retrouvent à Antalya, en Turquie, pour la COP31, la conférence annuelle des Nations unies sur le climat. Dix ans après l’Accord de Paris, le monde reste sur une trajectoire de réchauffement de 2,3 à 2,5 °C, loin de la limite de 1,5 °C. Cette page explique ce qui se négocie, ce que la Suisse défend et ce que dit la science, et rassemble chaque jour nos actualités sur la conférence.
L’essentiel en 1 minute
- Où et quand : à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre 2026, avec un sommet des responsables d’État et de gouvernement les 11 et 12 novembre.
- Une présidence partagée : la Turquie accueille la conférence et pilote l’agenda de l’action ; l’Australie conduit les négociations officielles.
- Les enjeux : passer des promesses à la mise en œuvre des objectifs nationaux pour 2035, rendre l’adaptation mesurable, financer les pays les plus exposés et organiser une transition juste.
- Le constat : 145 pays ont remis leurs objectifs pour 2035, couvrant 78 % des émissions mondiales. Même tenus, ils mènent à un réchauffement de 2,3 à 2,5 °C.
- La Suisse : elle défend la sortie des énergies fossiles d’ici 2050 et vise chez elle une baisse de 65 % de ses émissions en 2035 par rapport à 1990.
Les actualités de la COP31, jour après jour
Du 9 au 20 novembre, nous publions chaque matin une revue de presse de la journée de la veille : décisions, blocages et annonces de la délégation suisse, complétée par quelques articles plus approfondis. Premier compte rendu le mardi 10 novembre, sur la journée d’ouverture. Les articles apparaissent ici automatiquement, du plus récent au plus ancien ; en attendant, vous trouverez ci-dessous nos articles de préparation.
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Plans climatiques nationaux : les émissions mondiales en baisse de 6 % d’ici 2035, selon la CCNUCC
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Gaz à effet de serre : nouveaux records de concentration en 2025, selon l’OMM
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Rapport du PNUE : sans effort supplémentaire, le réchauffement pourrait atteindre 2,8°C
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Réchauffement climatique : alerte sur les points de bascule à l’approche de la COP31
Comprendre la COP31
Une COP, qu’est-ce que c’est ?
La COPConférence des Parties : réunion annuelle des pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée à Rio en 1992.
Exemples : l’Accord de Paris a été conclu lors de la COP21, en 2015 ; la COP31 se tient à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre 2026.
À ne pas confondre : le coefficient de performance d’une pompe à chaleur, parfois aussi abrégé « COP », a sa propre fiche. En savoir plus, ou Conférence des Parties, réunit chaque année les États signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adoptée à Rio en 1992. C’est dans ce cadre qu’a été conclu l’Accord de Paris en 2015 : contenir le réchauffement nettement en dessous de 2 °C et poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 °C. Chaque pays y fixe lui-même son objectif, sa « contribution déterminée au niveau national » (CDN), et doit le rehausser tous les cinq ans.
Vrai ou faux ? « Une COP peut imposer aux pays de réduire leurs émissions. »
Faux. Les décisions se prennent par consensus et l’Accord de Paris ne fixe pas d’objectif chiffré à chaque pays. Il oblige les États à présenter un objectif, à rendre compte de leurs progrès et à faire mieux à chaque nouvelle contribution. La pression vient de la transparence et du bilan collectif, pas de sanctions.
Ce qui se négocie à Antalya
- Les objectifs pour 2035 : les pays devaient remettre leurs nouvelles contributions avant la COP30. La COP31 doit vérifier leur mise en œuvre et convaincre les retardataires.
- L’adaptation : la COP30 a adopté des indicateurs pour l’objectif mondial d’adaptation, mais les pays ne se sont pas entendus en juin à Bonn sur la suite. L’enjeu est de rendre l’adaptation mesurable et de mieux financer les pays exposés aux sécheresses, aux inondations et à la montée des mers.
- Le financement : la feuille de route issue de Bakou et de Belém vise à mobiliser 1300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour l’action climatique des pays en développement. Reste à rendre ces fonds accessibles et prévisibles.
- La transition juste : accompagner les travailleuses, les travailleurs et les régions qui dépendent des énergies fossiles, pour que la transition ne creuse pas les inégalités.
- Les énergies fossiles : la COP30 n’a pas réussi à inscrire de référence explicite à leur abandon dans son texte final. Le sujet n’est pas un point formel des négociations à Antalya, mais il reste au centre des débats.
Ce que dit la science
Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a publié le 21 octobre 2026 son rapport annuel sur l’écart entre les engagements et les besoins, intitulé The Point of Return. Son constat : faute d’action suffisante pendant des décennies, le dépassement de 1,5 °C est désormais inévitable. L’objectif devient de limiter ce dépassement, en ampleur comme en durée, par des baisses d’émissions rapides et fortes. Chaque dixième de degré évité réduit les dégâts sur les écosystèmes, la biodiversité, la santé et les populations les plus vulnérables.
Pour aller plus loin sur les seuils au-delà desquels certains systèmes peuvent basculer, voir notre actualité Réchauffement climatique : alerte sur les points de bascule à l’approche de la COP31.
La Suisse à Antalya
Le Conseil fédéral a adopté le mandat de la délégation suisse le 19 août 2026. La Suisse demande que tous les États, en particulier les grands émetteurs, prennent des mesures à la hauteur de leurs objectifs. Elle soutient les engagements de la COP28 : tripler les énergies renouvelables et doubler l’efficacité énergétique d’ici 2030, puis sortir des énergies fossiles d’ici 2050. La délégation compte onze personnes, dont quatre issues de la société civile ; le chef du DETEC participe au segment ministériel de la seconde semaine.
Chez elle, la Suisse s’est engagée à réduire ses émissions d’au moins 65 % en 2035 par rapport à 1990, et de 59 % en moyenne entre 2031 et 2035, objectif remis à l’ONU en janvier 2025. Une partie des réductions peut être réalisée à l’étranger, par des projets financés hors de Suisse. Des organisations de protection du climat jugent cet objectif insuffisant au regard de la part de la Suisse dans le budget carbone mondial. Le détail des objectifs, des lois et des résultats figure sur notre page Plan climat Suisse : objectifs, lois et réalité.
Nos repères pour juger le résultat
Une COP se juge sur des décisions concrètes, pas sur les déclarations. Pendant la conférence, nous suivrons en particulier ces questions, auxquelles nous répondrons dans notre bilan, publié le lundi 23 novembre :
- Les pays qui n’ont pas encore remis leur objectif pour 2035 le font-ils, et les objectifs existants sont-ils renforcés ?
- Le financement de l’adaptation et des pertes et préjudices progresse-t-il en montants réels, et pas seulement en promesses ?
- Le texte final mentionne-t-il la sortie des énergies fossiles, avec un calendrier ?
- La Suisse met-elle en cohérence ce qu’elle demande aux autres et ce qu’elle fait chez elle, notamment pour atteindre son objectif 2030 ?
Sources
- CCNUCC, À propos de la COP 31.
- Conseil fédéral, COP31 sur le climat : le Conseil fédéral octroie un mandat de négociation à la délégation suisse, communiqué du 19 août 2026.
- Conseil fédéral, nouvel objectif climatique de la Suisse pour 2035, communiqué du 29 janvier 2025.
- OFEVOffice fédéral de l’environnement : Administration fédérale suisse responsable des politiques environnementales. Publie les statistiques officielles sur les émissions de CO₂, ACV, qualité de l’air, etc. En savoir plus, Politique climatique internationale.
- PNUE, Emissions Gap Report 2026 : The Point of Return, 21 octobre 2026.


