Réchauffement climatique : alerte sur les points de bascule à l’approche de la COP31

Dernière modification le 23-10-2026 à 10:43:15

Le 20 octobre 2026, le directeur de l’institut de Potsdam pour la recherche sur les impacts climatiques (PIK), Johan Rockström, a averti que le réchauffement d’origine fossile s’accélère et rapproche plusieurs écosystèmes-clés de points de bascule, trois semaines avant l’ouverture de la COP31.

Faits établis

  • S’exprimant lors de la conférence Reuters Sustainability Europe, à Londres, Johan Rockström a déclaré que le réchauffement d’origine fossile s’accélère et rapproche plusieurs écosystèmes-clés de leur point de bascule.
  • Il a cité les récifs coralliens et la forêt amazonienne comme proches d’une dégradation qu’il juge en passe de devenir irréversible.
  • Il a évoqué des signes de ralentissement de la circulation atlantique méridienne de retournement (AMOC) – dont dépend le courant qui réchauffe l’Europe de l’Ouest – en les qualifiant de proches d’un basculement.
  • Il estime que le monde est en voie de dépasser 1,5 °C de réchauffement dans les prochaines années, ce qui entraînerait des événements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses.
  • Il a appelé les entreprises à traiter climat et nature comme un seul agenda, en priorisant la décarbonation tout en investissant dans la biodiversité et les réserves d’eau douce.
  • Il a critiqué le lobbying visant à affaiblir les règles de sortie progressive des véhicules à moteur à combustion, ainsi que les subventions aux énergies fossiles, qu’il juge nuisibles à la demande de véhicules électriques.
  • Ces déclarations interviennent avant la 31e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP31), qui s’ouvre le 9 novembre 2026 à Antalya, en Turquie.

Estimations et incertitudes

Ces propos sont ceux d’un climatologue reconnu, mais relevent d’une intervention orale lors d’une conférence, et non d’une étude publiée avec données et méthode détaillées : aucune référence précise à une publication nouvelle n’accompagne les déclarations sur l’Amazonie ou les récifs coralliens.

Sur l’AMOC en particulier, la littérature scientifique reste divisée quant au calendrier d’un éventuel basculement. Le 6e rapport d’évaluation du GIEC et des agences comme la NOAA jugent un effondrement complet au cours du XXIe siècle très improbable selon les modèles climatiques actuels, tout en reconnaissant une incertitude élevée – les mesures directes de l’AMOC ne couvrent qu’une vingtaine d’années. D’autres études, fondées sur des reconstructions indirectes (température de surface de l’océan, archives sédimentaires), ont avancé des scénarios de basculement plus précoces, sans qu’un consensus scientifique établisse leur probabilité. La plupart des chercheurs s’accordent en revanche sur un ralentissement déjà mesurable de cette circulation depuis le milieu du XXe siècle.

Réactions

Rockström appelle les entreprises et les responsables politiques à ne pas affaiblir la réglementation climatique – en particulier la sortie progressive des véhicules à moteur à combustion – ni à subventionner les énergies fossiles, qu’il juge contre-productif face à l’urgence qu’il décrit.

Pourquoi c’est important

Ces déclarations interviennent à trois semaines de la COP31, où les États doivent réviser leurs engagements climatiques alors que le rapport sur l’écart d’émissions du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié quelques jours plus tôt, montre que les trajectoires actuelles mènent largement au-delà de 1,5 °C. Le rappel des points de bascule – Amazonie, récifs coralliens, circulation atlantique – souligne que le risque climatique ne se résume pas à une hausse moyenne des températures : des ruptures brutales et difficilement réversibles de systèmes essentiels à la stabilité du climat mondial restent possibles, y compris pour l’Europe, dont le climat tempéré dépend en partie de cette circulation océanique.

Sources