Dernière modification le 27-10-2026 à 17:52:08
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié le 27 octobre 2026 son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre. Les concentrations des trois principaux gaz à longue durée de vie, le dioxyde de carbone (CO2), le méthane et le protoxyde d’azote, ont atteint de nouveaux records en 2025. Le bulletin mesure la quantité de ces gaz qui s’accumule dans l’atmosphère, et non les émissions annuelles.
Faits établis
- CO2 : concentration moyenne mondiale de 426,8 parties par million (ppmLa partie par million (le ppm), terme beaucoup utilisé en sciences (toxicologie, formulation, chimie, métallurgie, électronique, géochimie, etc. ), est la fraction valant 10, c'est-à-dire un millionième. On utilise surtout le ppm pour exprimer une fraction massique (1 ppm = 1 mg/kg ). More) en 2025, soit 153 % du niveau préindustriel de 1750. Lors du premier bulletin, en 2004, elle était de 377,5 ppm.
- Hausse annuelle : +2,8 ppm entre 2024 et 2025. C’est moins que la hausse exceptionnelle de 3,5 ppm mesurée entre 2023 et 2024 (bulletin 2025 de l’OMM), mais plus que la moyenne de 2,4 ppm par an de la décennie 2011-2020. Selon l’OMM, le rythme de croissance a triplé depuis les années 1960.
- Méthane : 1948 parties par milliard (ppb), soit 267 % du niveau de 1750.
- Protoxyde d’azote : 339,1 ppb, soit 126 % du niveau de 1750.
- Effet de réchauffement : selon l’indice annuel de l’agence américaine NOAA cité par l’OMM, le forçage radiatifIl s'agit généralement de la différence entre la puissance radiative reçue et la puissance radiative émise par un système climatique donné. Lorsque l'on s'intéresse au changement climatique, le forçage radiatif peut aussi représenter la somme des contributions de facteurs perturbant l'équilibre énergétique de la Terre, tels les aérosols qui tendent à refroidir notre planète et les gaz à effet de serre qui tendent au contraire à la réchauffer. More dû aux gaz à effet de serre à longue durée de vie a augmenté de 56 % entre 1990 et 2025 ; le CO2 représente environ 81 % de cette hausse.
- Puits de carboneUn puits de carbone est un réservoir qui absorbe, par un mécanisme naturel ou artificiel, le carbone atmosphérique. Les principaux puits de carbone sont les océans (l’eau et les organismes qui y vivent) et certains milieux continentaux comme les forêts (la végétation et le sol) et les tourbières. More : environ la moitié du CO2 émis chaque année reste dans l’atmosphère ; le reste est absorbé par les océans et les écosystèmes terrestres.
- Autres gaz suivis : la concentration d’hexafluorure de soufre (SF6), utilisé dans les équipements électriques, a atteint un record ; ce gaz reste plus de 1000 ans dans l’atmosphère et son potentiel de réchauffement sur 100 ans est environ 24 300 fois celui du CO2. La concentration d’hydrogèneL'hydrogène est l'élément chimique de numéro atomique 1, de symbole H. L'hydrogène présent sur Terre est presque entièrement constitué de l'isotope 1H (un proton, zéro neutron) ; il comporte environ 0,01 % de 2H (un proton, un neutron). Ces deux isotopes sont stables. Un troisième isotope 3H (un proton, deux neutrons), instable, est produit dans les explosions nucléaires. Ces trois isotopes sont respectivement appelés « protium », « deutérium » et « tritium ». More (H2), qui n’est pas un gaz à effet de serre mais a un effet indirect sur le réchauffement, a augmenté de 5,3 % entre 2010 et 2024.
Estimations et incertitudes
- Selon l’OMM, la hausse plus modérée de 2025 s’explique en partie par la récupération des puits de carbone terrestres et par des émissions des feux moins élevées après l’épisode El Niño de 2023-2024, qui avait affaibli la capacité de la végétation à absorber le carbone (sécheresses, végétation plus sèche, incendies).
- L’OMM s’attend à une nouvelle hausse des concentrations en 2026, en raison de la combustion des énergies fossiles et de l’épisode El Niño fort qui se développe et pourrait de nouveau réduire l’absorption du carbone par les écosystèmes terrestres. L’ampleur de cette hausse n’est pas chiffrée à ce stade.
- Selon l’OMM, les fuites d’hydrogèneL'hydrogène est l'élément chimique de numéro atomique 1, de symbole H. L'hydrogène présent sur Terre est presque entièrement constitué de l'isotope 1H (un proton, zéro neutron) ; il comporte environ 0,01 % de 2H (un proton, un neutron). Ces deux isotopes sont stables. Un troisième isotope 3H (un proton, deux neutrons), instable, est produit dans les explosions nucléaires. Ces trois isotopes sont respectivement appelés « protium », « deutérium » et « tritium ». More et la persistance du SF6 représentent des menaces potentielles qui pourraient réduire une partie des bénéfices climatiques de la transition énergétique ; il s’agit d’un avertissement et non d’une mesure de leur effet actuel.
Réactions et opinions
- La secrétaire générale adjointe de l’OMM a résumé le bulletin par la formule « Une nouvelle année, un nouveau record », en rappelant que les onze dernières années ont été les plus chaudes jamais observées et que les gaz à effet de serre retiennent une quantité de chaleur sans précédent dans l’atmosphère.
- La responsable scientifique de l’OMM pour les gaz à effet de serre a indiqué que l’on peut s’attendre à une nouvelle augmentation des concentrations en 2026.
Pourquoi c’est important
Selon l’OMM, le CO2 reste dans l’atmosphère pendant des décennies, voire des siècles : le niveau atteint aujourd’hui continuera de réchauffer le climat longtemps, même si les émissions baissent. Le bulletin paraît deux semaines avant la COP31, qui se tient du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya (Turquie), et sert de référence scientifique aux négociatrices et négociateurs, y compris à la délégation suisse. Tant que les concentrations augmentent, les émissions mondiales ne baissent pas assez vite pour stabiliser le climat.
Sources
- OMM, communiqué de presse, « Les niveaux des gaz à effet de serre atteignent de nouveau des records », 27.10.2026 : wmo.int
- OMM, Bulletin sur les gaz à effet de serre n° 22, 27.10.2026 (en anglais) : wmo.int
- Keystone-ATS, « Les gaz à effet de serre ont atteint des concentrations records », 27.10.2026, via bluewin.ch : bluewin.ch
- AFP, « Les gaz à effet de serre ont atteint des concentrations records », Le Courrier, 27.10.2026 : lecourrier.ch
- OMM, communiqué de presse, « Les niveaux de dioxyde de carbone battent des records en 2024 », 16.10.2025 (hausse de 3,5 ppm entre 2023 et 2024) : wmo.int



