COP31 : le Conseil fédéral donne son mandat à la délégation suisse, sortie des fossiles en ligne de mire

Dernière modification le 28-10-2026 à 19:41:20

Le 19 août 2026, le Conseil fédéral a adopté le mandat de négociation de la délégation suisse pour la 31e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP31), qui se tiendra du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie.

Les faits

La Suisse veut une mise en œuvre efficace de l’Accord de Paris et demande que tous les États, en particulier les grands émetteurs, prennent des mesures à la hauteur de leurs objectifs. Elle soutient les engagements de la COP28 de 2023 : tripler les énergies renouvelables et doubler l’efficacité énergétique d’ici 2030, puis sortir des énergies fossiles d’ici 2050. Elle plaide aussi pour des feuilles de route nationales et davantage d’investissements internationaux dans la protection du climat, avec une plus forte implication du secteur économique.

La délégation compte onze personnes, dont quatre représentant la société civile, issues de l’économie et de la protection de l’environnement. Elle est dirigée par l’ambassadeur suisse pour l’environnement de l’OFEV ; le chef du DETEC participera au segment ministériel de la seconde semaine. Le mandat est soumis aux commissions de politique extérieure des Chambres fédérales.

Le communiqué dresse un bilan sobre : l’Accord de Paris compte 194 Parties depuis le retrait des États-Unis, 145 pays ont remis leurs objectifs pour 2035, couvrant 78 % des émissions mondiales. La trajectoire de réchauffement est passée d’environ 4 °C, projetés en 2015, à 2,3 à 2,5 °C, ce qui reste insuffisant pour respecter la limite de 1,5 °C.

Ce qu’il faut retenir

  • La Suisse défend explicitement la sortie des énergies fossiles d’ici 2050.
  • Elle met la pression sur les grands émetteurs et mise sur l’investissement privé.
  • Selon le Conseil fédéral lui-même, le monde reste sur une trajectoire de 2,3 à 2,5 °C.

Avancée ou recul ?

Inscrire la sortie des énergies fossiles dans le mandat est un signal clair, et le constat d’une trajectoire de 2,3 à 2,5 °C est posé sans fard. Mais le communiqué reste muet sur le financement climatique public pour les pays du Sud, et la Suisse demande aux grands émetteurs des efforts alors que le chef du DETEC a lui-même reconnu, début août 2026, que l’objectif climatique 2030 serait probablement manqué. La crédibilité de la délégation à Antalya dépendra de cette cohérence.

Source

Conseil fédéral, communiqué du 19 août 2026.