Dernière modification le 30-10-2026 à 10:54:16
Un rapport conjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et du secrétariat de la Convention sur la diversité biologique a été publié le jeudi 29 octobre 2026, pendant la COP17 sur la biodiversité qui se tient à Erevan, en Arménie. Il dresse le premier état des lieux complet des efforts de restauration des écosystèmes dans le monde.
Faits établis
- Environ 252 millions d’hectares font actuellement l’objet d’efforts de restauration, dans 149 pays, selon le rapport cité par l’AFP. C’est un niveau jamais recensé, comparable à la superficie de l’Algérie ou de l’Argentine.
- La répartition est très inégale : 232 millions d’hectares concernent des milieux terrestres, 11 millions les eaux intérieures et 5,7 millions les milieux marins et côtiers.
- Selon le rapport, la restauration terrestre a atteint environ la moitié de ses objectifs, tandis que les écosystèmes d’eau douce, marins et côtiers restent loin de leurs cibles et continuent de se dégrader rapidement.
- La Chine compte pour 137 millions d’hectares, devant la Mongolie, le Kazakhstan et l’Éthiopie.
- Ces efforts ont créé environ un million d’emplois, alors que l’objectif est de 32 millions d’ici 2030.
- Les engagements internationaux portent sur la restauration d’environ un milliard d’hectares. Le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, adopté fin 2022, vise à ce que 30 % des écosystèmes dégradés soient en cours de restauration effective d’ici 2030. Pour y parvenir, le rythme actuel devrait être triplé.
- Le financement de la restauration est estimé à environ 64 milliards de dollars par an ; il devrait plus que quadrupler, pour atteindre 296 milliards de dollars d’ici 2030, selon le rapport.
Estimations et incertitudes
Les surfaces annoncées correspondent à des zones où des efforts de restauration sont en cours, et non à des écosystèmes entièrement rétablis. Les chiffres reposent sur les données disponibles pour 149 pays ; leur qualité et leur comparabilité peuvent varier d’un pays à l’autre.
Des travaux de recherche cités dans la couverture du rapport estiment que restaurer 15 % des zones prioritaires permettrait de stocker l’équivalent d’environ 30 % des émissions de CO2 accumulées depuis la révolution industrielle et d’éviter 60 % des extinctions d’espèces attendues. Il s’agit d’estimations de modélisation, pas de résultats observés.
Réactions et opinions
La directrice exécutive du PNUE estime que « nous ne restaurons pas encore la nature à l’échelle ou à la vitesse nécessaires ». La directrice adjointe de la division des écosystèmes du PNUE qualifie le rapport de compte rendu de « la plus grande opération de restauration jamais recensée ».
Pourquoi c’est important
Les écosystèmes en bonne santé stockent du carbone, régulent l’eau et abritent la biodiversité. Le rapport montre que les progrès se concentrent sur les terres, alors que les rivières, les zones humides et les côtes, qui jouent un rôle clé face aux sécheresses et aux inondations, restent largement à l’écart. La Suisse, partie à la Convention sur la diversité biologique, est concernée par les objectifs de Kunming-Montréal discutés à la COP17.
Sources
- PNUE, communiqué de presse sur le rapport de suivi de la restauration (en anglais, pas de version française trouvée)
- PNUE, FAO et secrétariat de la CDB, « Restoration Progress Report: Nature’s comeback » (en anglais)
- RTBF avec AFP, « COP17 biodiversité : le monde connaît une restauration sans précédent mais pas assez soutenue des écosystèmes », 29.10.2026
- Dépêche AFP reprise par Defimedia, « COP17 : 252 millions d’hectares de nature restaurés, niveau inédit selon l’ONU », 29.10.2026




