Biodiversité : la COP17 d’Erevan adopte l’examen mondial des objectifs 2030 et un texte sur le financement

Dernière modification le 31-10-2026 à 18:50:16

Réunies à Erevan (Arménie) depuis le 19 octobre, les délégations de près de 200 pays ont adopté tard vendredi 30 octobre plusieurs textes clés de la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17). Les deux principaux portent sur l’examen mondial des progrès vers les objectifs 2030 de protection de la nature et sur la mobilisation des ressources financières, selon une dépêche de Keystone-ATS.

Faits établis

  • La séance plénière finale a été repoussée plusieurs fois. Une fois ouverte, deux textes importants ont été adoptés sans objection : l’examen mondial du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité et un texte sur la mobilisation des ressources (Keystone-ATS, 30.10.2026).
  • Le Cadre de Kunming-Montréal, adopté en 2022, fixe 23 objectifs pour 2030, dont la protection de 30 % des terres et des océans, la lutte contre les pollutions et les espèces envahissantes et la restauration des écosystèmes dégradés. Presque tous sont en retard (Keystone-ATS).
  • Le texte sur le financement aborde la participation de grands pays émergents, dont la Chine, au groupe des pays donateurs, une liste qui n’a pas été actualisée depuis 2006 (Keystone-ATS).
  • Avant la conférence, le rapport onusien The State of Biodiversity Action (15.10.2026) relevait que moins de la moitié des objectifs nationaux évalués par les Parties sont en bonne voie, que les engagements actuels restent nettement en deçà de l’objectif de 30 % de terres et de mers protégées et que les objectifs liés aux entreprises, à la consommation, aux subventions néfastes et au financement sont parmi les plus en retard.
  • Selon le secrétariat de la Convention (29.10.2026), plus de 1,8 milliard de dollars de nouveaux financements pour la biodiversité ont été annoncés pendant le segment de haut niveau des 27 et 28 octobre, qui a réuni près de 140 ministres et vice-ministres.

Estimations et incertitudes

  • Les versions finales des textes adoptés n’étaient pas encore publiées au moment de la rédaction : la portée exacte de l’examen mondial et des engagements financiers reste à préciser.
  • Vendredi soir, la contribution des entreprises à un fonds onusien pour la conservation, très peu doté, restait en discussion, tout comme le choix du pays hôte de la prochaine COP sur la biodiversité en 2028, entre le Panama et l’Équateur (Keystone-ATS).
  • Les subventions et incitations néfastes à la nature, par exemple en faveur de l’exploitation pétrolière, ont fait l’objet de discussions difficiles ; l’issue précise de ce volet n’est pas encore connue.

Réactions et opinions

  • Le ministre arménien de l’Environnement, qui présidait la COP17, a salué l’adoption des deux textes (Keystone-ATS).
  • Pour l’ONG Fauna et Flora, le simple fait que les pays soient parvenus à un accord est une bonne nouvelle (Keystone-ATS).
  • La ministre française de la Transition écologique a estimé que cette COP ne resterait pas dans les annales pour ses avancées et s’est dite préoccupée par les attaques contre les bases scientifiques de la protection de la nature (Keystone-ATS).

Pourquoi c’est important

Le Cadre de Kunming-Montréal joue pour la nature le rôle que l’Accord de Paris joue pour le climat. À quatre ans de l’échéance de 2030, l’examen mondial adopté à Erevan constitue le premier bilan officiel de sa mise en œuvre, alors que la plupart des objectifs sont en retard. La perte de biodiversité et le réchauffement sont étroitement liés : forêts, sols, zones humides et océans stockent du carbone et protègent les populations face aux événements extrêmes.

La Suisse y participait avec un mandat adopté par le Conseil fédéral le 24 juin 2026. Selon l’OFEV, elle soutenait notamment un bilan mondial de l’état de la biodiversité fondé sur les rapports des Parties et les travaux scientifiques de l’IPBES, ainsi qu’un mécanisme de partage des avantages tirés des informations de séquençage génétique numérisées qui soit juridiquement sûr et ne freine pas la recherche. La délégation suisse était conduite au segment ministériel par la directrice de l’OFEV. Le même jour, le Conseil fédéral a adopté la deuxième phase (2025-2030) du plan d’action de la Stratégie Biodiversité Suisse.

Sources