Grève de la jeunesse le 20 novembre : Lausanne se mobilise contre l’austérité et la militarisation

Dernière modification le 6-11-2026 à 18:48:22

Le vendredi 20 novembre 2026, des jeunes de toute la Suisse sont appelé·es à cesser d’étudier et de travailler. La « Grève de la jeunesse contre l’austérité et la militarisation » dénonce un choix politique : des milliards pour l’armée, des coupes dans la formation, la santé et la protection du climat. À Lausanne, étudiant·es, syndicats et collectifs se préparent.

Ce qui est prévu à Lausanne

  • Lundi 9 novembre, 18h–20h : assemblée générale de grève à l’UNIL, bâtiment Geopolis, salle 1612. Elle est annoncée par le collectif VS hausse taxes sous le mot d’ordre « La lutte contre la précarité et la militarisation continue ».
  • Vendredi 20 novembre : journée de grève, inscrite dès 6h dans l’agenda militant Lausanne Deter. La Fédération des associations d’étudiant·es (FAE) annonce des actions sur le campus, ateliers, cours alternatifs, repas collectif, ainsi qu’une manifestation. Le lieu et l’heure de la manifestation ne sont pas encore communiqués.
  • Du 20 au 22 novembre : mobilisations annoncées à Bâle, Winterthour, Zurich, Saint-Gall, Neuchâtel, Berne, Lausanne, Genève et au Tessin, ainsi que dans plusieurs pays européens.

À Lausanne, l’annonce de l’assemblée a été publiée sur Instagram conjointement par plusieurs comptes, dont ceux de la FAE, le collectif VS hausse taxes, HETSL Mobilisations, la section étudiante du SSP et le syndicat SUD Étudiant·es et Précaires. Pour suivre les annonces : l’agenda militant Lausanne Deter et la page lausannoise de la grève.

Pourquoi cette grève

Préparée avec 27 organisations de jeunesse de plus de dix pays et coordonnée en Suisse par la Jeunesse socialiste, la grève est portée au niveau national par la JS, le GSsA, les Jeunes Vert·es, le SSP, l’Union des étudiant·es de Suisse (UNES), le Parti du Travail, la Jeunesse communiste, la FAJ, le Mouvement suisse pour la paix, le Réseau suisse contre la guerre, Act now!, XR Familles et ANAK, auxquels s’ajoutent de nombreux collectifs, partis et syndicats régionaux. Ses quatre revendications, telles que formulées par l’alliance :

  • Fin du réarmement et des programmes d’austérité : abandonner les projets de renforcement de l’armée suisse et les programmes d’austérité imposés au nom de la préparation à la guerre, et investir à la place dans la protection sociale, l’éducation publique, la santé, les logements, la protection de l’environnement et du climat.
  • Fin de la collaboration aux assauts impérialistes : par la recherche, la finance ou l’exportation de matériel de guerre et de biens et technologies à double usage.
  • Justice climatique et sociale pour tou·tes : « Mettons fin au capitalisme, au dérèglement du climat et à la destruction de l’environnement. »
  • Pour une société égalitaire : renforcer les droits démocratiques, mettre fin au racisme et au patriarcat, et vaincre l’extrême droite dans tous les pays.

À Lausanne, la FAE y ajoute cinq revendications propres aux hautes écoles, sous le mot d’ordre « La formation ne doit pas être un luxe ! » : pas de hausse des taxes d’études, un financement public fort et durable, des bourses suffisantes et accessibles dans tous les cantons, des logements étudiants abordables et non lucratifs, de bonnes conditions d’études avec une réelle participation aux décisions.

Le climat, variable d’ajustement

Le lien entre budget militaire et politique climatique n’est pas une construction militante, il figure dans les décisions fédérales. Le Parlement a décidé de porter les dépenses de l’armée à 1 % du PIB d’ici 2032. Le Conseil fédéral reconnaît lui-même que, même avec son programme d’économies, la Confédération risque, à partir de 2029, un déficit se chiffrant en milliards, « dû principalement à la hausse considérable des dépenses de l’armée ».

Pour équilibrer les comptes, le Conseil fédéral a proposé un programme d’allègement budgétaire 2027 de 2,4 milliards de francs en 2027, 3,0 milliards en 2028 et 3,1 milliards en 2029, soit environ 8,5 milliards sur trois ans. En mars 2026, le Parlement l’a ramené à environ 5,2 milliards. Parmi les mesures proposées figurait une « redéfinition des priorités de subventionnement dans le domaine de la politique climatique », censée rapporter 372 millions en 2027 et jusqu’à 400 millions en 2029. Elle touchait notamment le Programme Bâtiments, qui finance l’assainissement énergétique et le remplacement des chauffages, un levier central pour réduire nos émissions. Le Conseil des États en a réduit la portée, mais l’orientation reste la même : la protection du climat passe après le réarmement.

C’est sur ce point que la grève du 20 novembre rejoint les combats d’État d’urgence. Les jeunes qui manifestent sont aussi celles et ceux qui vivront le plus longtemps avec les conséquences du réchauffement, et avec les choix budgétaires faits aujourd’hui.

Sources