Bilan climatique 2026 : sept signes vitaux de la planète à des niveaux records

Dernière modification le 20-10-2026 à 14:44:30

Le 14 octobre 2026, la septième édition du rapport annuel « State of the Climate », publiée dans BioScience et coordonnée notamment par William Ripple (Oregon State University), fait le point sur 16 « signes vitaux » de la planète. Sept d’entre eux atteignent des valeurs record.

Ce que le rapport indique

  • Records : niveau moyen des mers, contenu thermique des océans, épaisseur des glaciers, masse de la calotte du Groenland, concentrations atmosphériques de CO₂, de méthane et de protoxyde d’azote.
  • CO₂ au-dessus de 428 ppm en mai 2026, soit environ 50 % de plus qu’avant l’ère industrielle.
  • Consommation mondiale de pétrole, de charbon et de gaz encore en hausse de 0,9 % en 2025.
  • Les énergies renouvelables ont dépassé le charbon dans la production mondiale d’électricité en 2025.

Estimations et incertitudes

Le rapport évoque un réchauffement d’environ 1,5 °C et un rythme passé d’environ 0,19 °C par décennie (1970-2010) à environ 0,36 °C par décennie depuis 2010. Ces valeurs sont des estimations qui dépendent des séries de données et de la méthode ; elles doivent être recoupées avec Copernicus, la NOAA ou la NASA. Le risque de franchir des points de bascule (circulation AMOC, Amazonie, calottes polaires) augmente, mais leur date reste incertaine. Ces chiffres, repris par Eos, correspondent à ceux du rapport original « The 2026 State of the Climate Report: Challenges and Opportunities » (Ripple et al., BioScience, DOI 10.1093/biosci/biag125).

Opinion des auteurs

Les auteurs estiment que réduire les émissions ne suffira pas et qu’il faudra aussi retirer du carbone de l’atmosphère. Il s’agit d’une appréciation, à distinguer des mesures. Le rapport émane d’un collectif de scientifiques engagés, au ton plus alarmiste que celui du GIEC.

Éclairage suisse

En Suisse, MétéoSuisse observe un réchauffement d’environ +3,0 °C par rapport à l’ère préindustrielle (1871-1900), soit plus de deux fois le rythme mondial — une amplification cohérente avec l’accélération mise en évidence par ce rapport (voir notre revue de presse sur le bilan climatique 2025 de MétéoSuisse).

Sources